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La Légende du saint buveur (La Leggenda del santo bevitore) d'Ermanno Olmi (Italie, 1988)

The Legend Of The Holy Drinker (2-Disc Special Edition) [Blu-ray + DVD]

Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1988, le film d’Ermanno Olmi, La Légende du saint buveur est comme un astre errant dans l’histoire du cinéma. Le film est l’adaptation d’une nouvelle de Joseph Roth (1894-1939), un auteur qui lutta contre la pauvreté, la maladie et l’alcoolisme au moment même où il composa sa nouvelle.

Le réalisateur, déjà célèbre pour L’albero degli zoccoli (L’Arbre aux sabots)[1], réalisé dix ans plus tôt, et qui reçut la Palme d’Or à Cannes signe ici une œuvre esthétique de première importance. On retrouve les figures spirituelles du mendiant et de l’enfant, porteuses du Christ. Au début du film, un homme d’une certaine classe aborde un sans-abri, Andreas (Rutger Hauer), au bord de la Seine, qui vit sous les ponts.

– Où allez-vous mon frère ?

– Je ne savais pas que j’avais un frère. Où je vais… Qui sait ?

– Je peux vous montrer le chemin si vous croyez que… C’est Dieu qui vous a mis sur ma route, j’en suis sûr.

L’homme lui donne deux cents francs et lui demande le service de rendre l’argent au prêtre qui officie à Sainte Marie des Batignolles lorsqu’il pourra rembourser. Il lui dit encore que désormais, c’est à Ste Thérèse de Lisieux qu’il est redevable, elle qui a sa statue dans l’église. Voilà donc une première figure de style : deux étrangers l’un pour l’autre se rencontrent, un riche, qui veut vivre la vie des pauvres et un mendiant qui se contenterait bien pour le moment de vingt francs. L’un et l’autre s’estiment « hommes d’honneur ». Le mendiant accepte l’offre du riche. Il est déjà saoul. Les plans sont tournés au bord de la Seine, au pied du pont de Bercy.

Une autre figure apparaît immédiatement, celle du temps, symbolisée par la montre qui provoque un flash-back. C’est le temps d’une autre vie, dans une ville de l’Est où Andreas était « un peu mineur comme mon père et un peu paysan comme mon grand-père », dira-t-il plus tard. Un temps où d’autres visages apparaissent, dont celui d’une femme.

Après la rencontre du mystérieux personnage, une autre personne l’accoste, dans un café, pour lui proposer du travail. La chance semble tourner. Précisément, l’employeur lui propose deux cents francs. Cela ne peut être une coïncidence, et plus tard le mendiant l’appellera « un miracle ». Vient le moment de rembourser l’argent et d’aller trouver le prêtre dans l’église des Batignolles. Mais il arrive trop tôt. En face, il y a un café. Il décide d’attendre la prochaine messe. « Vous attendez quelqu’un ? » demande le cabaretier. « J’attends que la messe commence » répond-il. En attendant, il boit, un verre après l’autre. Le cabaretier lui signale enfin que la messe va commencer. Il se précipite dehors. Puis il entend une voix qui l’appelle : « Andreas », une voix familière, venue des temps jadis où il était mineur (flash-back sur Andreas dans la mine, en Silésie). C’est la femme dont on a déjà vu le visage auparavant, qui, dans un taxi, le hèle. Elle l’emmène et il rate son rendez-vous à l’église.

On apprend, encore par les flash-backs, qu’il s’agissait d’une femme qui travaillait à la mine, mais la femme d’un autre. Lors d’une rixe, il a tué le mari et a été expulsé du pays. Il est parti pour Paris. Tout cela a laissé en lui une grande tristesse, un air résigné. Elle l’invite à dîner, mais il veut payer l’addition. Elle s’étonne de le voir sortir autant d’argent car il a vraiment l’air déguenillé et il paye avec… les deux cents francs qu’il devait rembourser. Il explique : « Depuis quelques jours, il m’arrive des miracles ». Après une nuit passée avec elle, il se confirme qu’il ne peut plus revenir en arrière et reprendre la vie où il l’avait laissée ; le souvenir du meurtre est encore bien vivace en lui, même s’il n’était pas prémédité. Peut-être ne peut-il plus se pardonner à lui-même… Retour, donc, sur les quais.

Un matin, une jeune fille apparaît. Un éclairage chaud illumine la scène. C’est « Thérèse », toute jeune, comme avant qu’elle n’entre au Carmel. Elle lui demande : « Pourquoi tu n’es pas venu me voir dimanche dernier ? » (57’24’’). Andreas, se réveillant, répond : « En voilà une façon de parler. N’oublie pas que je suis ton père ». « Pardonne-moi père, mais rends-moi service dimanche matin, rends-moi service, viens me voir dans l’église Sainte Marie des Batignolles » répond-elle. Puis, prenant mieux conscience de la personne qui lui parle : « Thérèse ? Toi, pardonne-moi, j’étais en train de rêver. Je rêvais que j’avais une petite fille comme toi ». Un plan sur des mouettes qui s’agitent sur l’eau, puis un autre sur Andreas qui s’éveille, cette fois sans la lumière chaude, orangée qui l’éclairait. Tout cela n’était qu’un rêve. Un moment de « réalisme magique » ? une vision dans un rêve ? (donc un songe ?).

Andreas trouve cette fois mille francs dans un portefeuille qu’il avait acheté auparavant, d’occasion, dans une boutique. Il rencontre un ancien ami boxeur, puis une danseuse de casino, qui lui vole presque tout (sauf ses deux cents francs), puis Woytech (Dominique Pinon), un autre vagabond, avec qui il entre dans l’Église des Batignolles pour essayer finalement de rembourser sa dette. Mais justement Woytech dit devoir 200 francs à quelqu’un qui le menace. On apprendra plus loin qu’il n’en est rien, mais qu’il est sans le sous et veut… boire. Olmi a une façon de filmer l’intérieur des églises d’une façon très particulière : l’ombre à l’avant-plan, de la lumière dans les nefs latérales, le chœur à peine éclairé, ce qui rend le lieu inspirant, mais d’une inspiration un peu baroque. On pense à l’esthétique de Rembrandt. Le peuple, que l’on devine priant, hiératique, est en silence. La musique sacrée que l’on entend pourrait aussi bien être céleste, qu’issue d’une chorale (un chœur d’anges alors), ou un enregistrement, sa source est indéfinissable (1h 25’58’’). Les crédits du film nous apprennent qu’il s’agit de la symphonie des psaumes pour chœur et orchestre d’Igor Stravinsky (1882-1971). Arrivé près de la statue de la petite Thérèse, Andreas est intimidé. Et il n’a plus l’argent. Olmi joue avec la caméra qui se glisse entre les colonnes de l’église, pour voir, puis ne plus voir la statue dans la pénombre, suggérant l’intimidation, l’irrésolution.

Plus tard, Andreas rencontre à nouveau le gentleman distingué, et lui avoue avoir voulu plusieurs fois rembourser l’argent. L’homme lui répond que manifestement, il le prend pour quelqu’un d’autre et lui prête à nouveau 200 francs à cause de sa dévotion pour la petite Thérèse. Mais cette fois il ne lui demande plus de rembourser la somme… Et voici qu’Andreas retourne boire dans un bistrot… Il pleut à verse. Olmi va installer un climat de désespoir dans ce troquet pendant toute une nuit. Le jeu de Rutger Hauer, l’attitude des différents clients qui entrent et sortent, celle des voyageurs solitaires et silencieux qui s’épient les uns les autres dans l’ombre rend la scène dramatique, alors que le film était jusque-là plutôt tragi-comique. Commence une longue attente : il lui faut, à Andreas, traverser la nuit, sans perdre sa vigilance. En effet un autre mendiant, dans l’ombre, n’attend qu’une occasion pour vider ses poches. Il le voit, mais que peut-il faire, saoul, contre l’homme tapi dans l’ombre ? Un vieux couple entre. Le tenancier leur sert une soupe. Andreas s’assoupit, mais quand il se réveille, stupéfait, un autre couple est assis exactement au même endroit. S’agit-il de ses parents, morts ? Il leur tend la main, avec une montre (qu’il garde précieusement avec quelques effets dans un boîte), tandis qu’ils le regardent sans surprise. Le café est aussi un monde intermédiaire, entre celui des morts et des vivants.

Andreas retourne à Ste Marie des Batignolles. Un policier l’accoste et lui tend un portefeuille qu’il aurait perdu. Mais ce n’est pas le sien… Rencontrant à nouveau Woitech dans le café en face de l’église, il lui raconte l’histoire, extraordinaire : « C’est un signe de Dieu. J’ai dû accepter, regarde ». Dedans, il y a de nouveau deux cents francs. « Alors je vais aller payer ma dette ». Voilà qu’une jeune fille entre dans le café. C’est la même qu’il a vu en rêve. Elle dit attendre ses parents qui doivent venir la chercher. Elle s’appelle bien Thérèse. S’écroulant en larmes, commence un mystérieux dialogue :

 – Ce n’est pas vrai ! Jamais je n’aurais cru qu’une sainte, si grande, et si petite, créditrice si petite et si grande me ferait l’honneur de venir à moi alors que j’ai échoué tant et tant de fois quand je m’efforçais de venir à elle. Je sais, vous êtes si délicate et si précieuse aussi mais j’ai échoué, je vous dois deux cents francs et j’aurais pu vous rembourser depuis si longtemps, mademoiselle sainte.

– Mais vous ne me devez rien.

– Oh, si j’ai essayé tellement de fois.

– Si vous voulez, j’ai un peu d’argent sur moi, tenez, prenez-le » dit-elle encore.

Mais Andreas ressent un grave malaise et s’écroule. Quelqu’un dit de l’apporter chez les curés, qui sauront quoi faire. On le transporte à la sacristie, il est mis sur un siège, dont la vue donne, à travers une porte entr’ouverte de la sacristie, sur le chœur de l’église, baigné dans la clarté. La petite Thérèse est là bien visible à travers l’embrasure et le regarde. Il lui tend un billet de cent francs, mais sa main s’affaisse et il meurt. Sur un carton qui suit le plan, il est écrit : « Concède-nous, Dieu, à nous les buveurs, une mort si douce et si belle. Joseph Roth ».

Si j’ai pris le temps de raconter en détail l’histoire du film, c’est parce qu’il n’est tout simplement pas possible de faire autrement : tout se tient, du début à la fin. Olmi propose une longue méditation sur la grâce dont on sait que Thérèse de Lisieux en est l’un des docteurs. Il y a d’abord une mise à l’épreuve : la vie est comme un prêt, qu’il faut rendre à Dieu. Mais tout conspire pour que l’homme dépense ce qu’il a reçu à d’autres fins que la gloire divine. Les nécessités de la vie, les tentations, la mémoire des malheurs anciens, les vols, et même le sens de la fraternité et de l’amitié épuisent petit à petit les ressources, même si elles se renouvellent continuellement et parfois prodigieusement. Le miracle, justement, consiste dans ce renouvellement continu, dans cette manne qui remplit sans cesse les poches du mendiant, et pourtant, il ne parvient – et ne parviendra jamais – à rembourser la dette.

Pourtant faut-il rembourser quoique ce soit ? « Vous ne me devez rien », dit la petite Thérèse. Elle ne s’attriste que d’une chose : le manque de visites. Ainsi Dieu ne tiendrait pas tant compte des actes, de la droiture, de la vie morale d’Andreas, que de son amitié, son amour. Andreas passe par un moment de grande désolation, due à son impuissance à rembourser, à n’être jamais à la hauteur de sa mission. Mais les multiples essais qu’il a consentis, la bonne volonté lui tiennent lieu de gage malgré tout. Malgré tout, il y a une limite. Si le film met bien en évidence le mystère de la grâce (« qu’as-tu que tu n’aies reçu » dit saint Paul), il montre aussi que l’homme moderne, fût-il pauvre, ne perçoit pas en Dieu le Miséricordieux, mais seulement celui des « comptes à rendre », des prêts et des dettes, celui des territoires et des frontières : aux hommes le monde et tout ce qu’il contient, à Dieu le reste, sauf qu’il n’y a pas vraiment de reste, si ce n’est les miracles (improbables… mais qui arrivent pourtant).

La misère d’Andreas est celle de l’âme humaine elle-même, qui traverse la vie comme dans un rêve, accaparée par l’instant présent, et qui, ici, s’anesthésie dans l’alcool. L’homme ne supporte pas le malheur : en vérité il ne le quitte jamais. Il a commis un meurtre, qui peut lui pardonner ? Il a aimé une femme, mais cet amour est définitivement éteint. Il cherche un peu partout l’âme sœur, mais seul le plaisir d’un moment se présente. Il a des amis, mais ceux-ci le trahissent (sauf le boxeur). Il a des compagnons d’infortune, ils le guettent et le volent. Andreas n’est qu’un mendiant anonyme, hypersensible, naïf, absent des choses de ce monde. La jeune fille, la petite Thérèse et le gentleman sont les deux seuls qui partagent sa misère sans rien chercher d’autre qu’être avec lui. Les deux premiers ont une fortune à dépenser (y compris l’amour comme richesse ultime), l’autre a tout à recevoir, puits sans fond qui abreuve sans fin la cupidité du monde qui l’entoure. Néanmoins ils se ressemblent : tous trois sont prodigues d’un bien qui vient d’ailleurs, qui traversent leurs vies, leurs mains pour être à nouveau absorbés par d’autres. Tout l’inverse de l’argent qui rapporterait des « intérêts » ou qui servirait à quoi que ce soit… L'amour, effectivement, ne s'achète pas et ne peut qu'être donné et reçu gratuitement.

A noter que lors de sa visite à Dublin (Rencontre mondiale des familles, 21-26 août), le 25 août 2018, le pape François s'est recueilli devant les reliques du vénérable Matt Talbot, un "saint buveur" qui, alcoolique depuis son adolescence, parvint à se libérer de l'emprise de l'alcool et devint un bienfaiteur pour les pauvres, qu'il était par ailleurs aussi...

Abbé Jean-Luc Maroy

 

 


[1] « Cette chronique est une bouleversante méditation lyrique sur la civilisation terrienne du siècle dernier : elle met en évidence une dimension spirituelle que nous avons perdue », Freddy BUACHE, Le cinéma italien 1945-1990, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1992. Commentaires et synopsis du film : dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/L'Arbre%20aux%20sabots/fr-fr/ (consulté le 01/12/2017).

 

 

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Jean-Luc Maroy
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