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Gerry de Gus van Sant (USA, 2001)

 

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Synopsis

Deux jeunes hommes roulent en voiture dans un paysage désertique sur une musique d’Arvo Pärt (Spiegel im Spiegel), depuis lors souvent utilisée au cinéma (dans Gravity par exemple). Après un moment, ils s’arrêtent « quelque part » et quittent le véhicule. Ils ne se parlent presque pas. Les voilà partis à pied et, très vite, ils arrivent devant un panneau indiquant un chemin de grande randonnée. Ils n’ont pas de gourde, pas de sac à dos, comme s’ils partaient en promenade. Ils semblent bien se connaître. Le soleil se couche. L’un des deux sait où ils vont, puisqu’il dit après un moment « on est à la moitié du chemin » (mais on ne saura jamais leur première destination). Un peu plus loin, ils en ont marre et décident de rebrousser chemin. C’est à ce moment-là qu’ils se perdent.

La nuit tombée, les voilà près d’un feu. L’un des deux, Gerry (Casey Affleck) raconte à son ami, dont le nom n’est jamais prononcé (Matt Damon) qu’il a conquis Thèbes et détaille la suite. Le jeune homme raconte probablement une partie d’un jeu vidéo, à moins qu’il ne s’agisse d’un rêve, d’un trip ? Ensuite, il ne se passe presque plus rien : les deux garçons (sont-ils, d’ailleurs, deux ? certaines scènes en font douter) cherchent à retrouver leur point de départ ; ils se séparent, se retrouvent, explorant les collines alentours.

Désert et errance

Le réalisateur plonge littéralement les spectateurs et ses personnages dans le désert, et déborde de trouvailles pour donner l’impression de l’impasse, de la perte de toute notion de temps. Les deux jeunes hommes sont rapidement désorientés et errent vers une destination inconnue. Les paysages filmés en Argentine, en Jordanie ( ?) mais aussi dans la Death Valley (le bassin de Bad Water ?), impressionnent par leur dénuement, leur aridité. Certains plans filmés en avance rapide accentuent encore l’idée d’une expérience irréelle. Le son, étrange, fortement « construit » en studio (grondements de tonnerre, sons électroniques qui rappellent Avalon de Mamoru Oshii, bruits de pas, de caillasse, de cris d’animaux qu’on ne voit jamais, de vent, d’insectes) accompagne lentement les personnages vers le drame. À l’approche de la fin, un plan remarquable, en travelling, avec une caméra déportée sur la gauche par une grue montre les deux jeunes marchant l’un derrière l’autre, comme des zombies, au rythme d’un « top » comme pour indiquer aussi que leur temps est compté, au cœur de tout ce qu’il y a de plus intemporel.

Inconscience

Le réalisateur a donc joué de l’insignifiance de la vie humaine et de toute vie dans un univers hostile et indifférent, mais stigmatise encore plus l’inconscience et la légèreté avec laquelle ses personnages abordent la réalité (« Gerry » est devenu synonyme de « raté », de « ducon » pour les deux acteurs crédités et qui ont participé au scénario). Ils sont en effet juste stupides : dans quel monde vivent-ils pour s’aventurer ainsi dans un des lieux les plus dangereux de la terre ?

Death Valley

La Death Valley en elle-même concentre tous les superlatifs : endroit le plus chaud jamais enregistré au monde, où se déchainent des haboobs (vents de sable), des rochers se déplacent tout seuls sur Racetrack Playa, à deux heures seulement de Las Vegas, ville de tous les excès. La « ruée vers l’or » y a déjà conduit bien des rêveurs (créant des villes éphémères), sans compter les morts et les disparus. L’histoire retiendra comment les « ceux de 49 » (une centaine d’émigrants en 1849 cherchant un « raccourci » pour entrer en Californie, s’y sont retrouvés piégés entre les chaînes de montagne pendant deux mois au risque de leur vie. Deux jeunes hommes furent dépêchés (Gus van Sant l’a-t-il su ?), par un des groupes, pour chercher du secours.

La Death Valley a aussi inspiré Antonioni pour son film Zabriskie Point (1970) qui se termine par l’explosion de tous les symboles capitalistes : la maison, le frigo, etc. Et c’est aussi dans cette région que Charles Manson occupa le Ranch Barker avec sa « famille » en 1968, planifia les meurtres de Tate-LaBianca et chercha la légendaire ville souterraine de Shin-au-av (“God’s land” ou “Ghost land” ?), pour échapper à l’apocalypse qui devait venir. Le désert des Mojaves, dont fait partie la Death Valley au Nord est depuis des années le refuge des marginaux, des artistes, de ceux qui croient aux extra-terrestres. Mais c’aussi le décor de films et dessins animés comme Road Runner et Coyote. Pourtant, à cause de cela, ou malgré tout cela Death Valley est une attraction touristique.

Film d’imprégnation et hallucinatoire

Film « d’imprégnation » minimaliste, quasi expérimental, Gerry résume aussi l’attrait contemporain pour l’authentique, l’excès, le radical, le retour à la nature (on pense aussi à Into the Wild de Sean Penn), mais qui conduit aussi à l’hallucination. Gerry est dédié à Ken Kesey, mort l’année de sa réalisation. Kesey était un explorateur des effets du LSD et l’auteur du roman Vol au-dessus d’un nid de coucou, qui sera réalisé par Milos Forman en 1975. L’ombre des Doors à l’inverse du Flower Power, n’est pas loin, car l’homme dans le désert murmure : This is the End.

Déshumanisation et violence

Car en effet, depuis la fin des années 1960 se pose une grande question : « Comment survivre dans un monde de plus en plus artificiel et qui prend congé de l’humain ? » La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? » Il faut donc aller au désert, non pas pour trouver Dieu, mais pour se trouver soi. Gerry montre qu’on peut entrer dans le royaume des morts par inadvertance. Gus van Sant ne filme plus l’aspiration à la liberté soixante-huitarde, mais l’extinction de celle-ci dans l’espace démesuré du réel, inconnu et incommunicable. Il prépare Elephant (2003) : à l’inverse de Gerry, le film se déroulera en partie dans le confinement de l’espace scolaire. Un massacre se prépare (la tuerie de masse du lycée Columbine date de 1999, deux ans avant Gerry) : le désert n’est pas seulement un lieu physique mais mental. La lieu de la transmission et du savoir devient celui de la terreur.

Dans Elephant, des jeunes jouent à un jeu vidéo où c’est justement les Gerry qu’il faut tuer. La violence du cri des années 1960 se retourne contre leurs auteurs. Le cri perdu dans les montagnes silencieuses ou à l’école ne conduit qu’à la mort, au meurtre. Est-ce le silence par trop insupportable d’un monde déshumanisé, l’incapacité ou le refus de partager ses sentiments, ses révoltes ? De comprendre qu’on a besoin les uns des autres ? Qu’il faut lutter pour survivre, même s’il n’y a apparemment plus d’espoir ? À chacun de conclure.

Le mystère du « double »

Peut-être n’y a-t-il jamais eu qu’un seul « Gerry » dans le film. Les questions alors redoublent lorsqu’un des jeunes tue l’autre en l’étranglant : s’agit-il d’une forme moderne de suicide (il faut tuer l’« autre » en soi, l’immature, le faible, l’inconséquent). Ou s’agit-il, pour devenir adulte, et éviter de se haïr, de vaincre son double virtuel, son fantôme, qui appelle pourtant davantage à l’humanité ? Bref, tuer ce qu’il reste d’humain en soi ? Curieusement, Gerry, par le vide qu’il crée tout en le dénonçant, appelle une culture prophétique qui n’arrive plus à se dire, puisqu’il n’y a plus de Dieu vers qui se tourner. Il n’y a plus Caïn et Abel, séparés l’un de l’autre mais seulement la fusion des deux dans un monde qui ne perçoit plus la différence entre le bien et le mal comme fondement de la culture. Le désert, c’est aussi cela : le lieu parfait de l’indifférence.

L’enfer comme spectacle

Dans les derniers plans ou l’autre Gerry est sauvé (le vrai ? le fantôme ?) et emmené en voiture à travers le désert, sur une route bien balisée, impossible de ne pas songer au fait que l’industrie et la technique, dont l’automobile représente l’acmé de la civilisation industrielle triomphante, a engagé l’individu dans un irréel en abolissant les distances, la nécessité d’un corps pour les franchir ou celle d’un secours humain. Du coup le désert dans le film redevient un spectacle derrière une vitre, et non l’enfer où l’on risque de se perdre et mourir. L’enfer est un divertissement de plus, inconséquent. Le premier et le dernier plan se passent donc en voiture, comme si toute cette marche à la mort n’avait été qu’un accident, une aventure malheureuse, une parenthèse déconcertante dont il n’est même pas possible de tirer de conclusions, comme si rien n’avait jamais existé.

Abbé Jean-Luc Maroy

 

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Jean-Luc Maroy
(Faculté de théologie UCL)

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