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12 hommes en colère (12 Angry Men) de Sidney Lumet (USA, 1957)

 

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Parmi les films à procès, 12 hommes en colère possède une place spéciale, parce qu’il se déroule non pas dans la salle d’audience, mais dans une pièce, à huis clos, où 12 hommes d’un jury sont amenés à prendre une décision sur la culpabilité du prévenu (une particularité qui ne concerne pas tous les États américains). Pour que la personne soit condamnée, il faut l’unanimité des jurés (il faut rendre ceci à la justice américaine). Le film s’inspire de la pièce de théâtre originale de Réginald Rose qui l’a lui-même adaptée pour le cinéma.

Comme l'écrit un auteur américain : "Il s'agit avant tout d'une vision du monde. Le scénariste Reginald Rose a vu la société américaine s'effondrer sur elle-même (Mc Carthysme), et 12 Angry Men est un avertissement aux Américains : souvenez-vous de vos responsabilités, restez unis et soyez compréhensifs les uns avec les autres, sinon la nation s'effondrera. À la fin du film, il ne s'agit pas de savoir si l'accusé était coupable ou innocent - il s'agit de savoir si ces 12 hommes aux préjugés individuels et aux personnalités diverses peuvent trouver comment travailler ensemble et prendre une décision".

Il fait chaud, le temps est à l’orage et la plupart des jurés ont envie d’en finir vite. Assez rapidement, le réalisateur, Sidney Lumet, place l’un d’entre eux face à une fenêtre, un peu à part, méditant. Il s’agit du juré n°8, dont on n’apprendra le nom (Davis) que dans les derniers moments du film. Il est interprété par un Henry Fonda formidable, la seule vraie star du casting, le seul habillé de blanc parmi les jurés. Sur la la manière dont le huis clos est traité cinématographiquement, voir (en anglais) : How does "12 Angry Men" use cinematography to build tension during the film | ScreenPrism

Un premier vote a lieu : 11 jurés sur 12 votent coupables, certains avec un peu plus d’hésitation, sauf, bien entendu, le n°8. Ses motivations sont louables : décider si l’accusé sera envoyé à la chaise électrique mérite bien une heure de réflexion.

Comme on le sait, le n°8 va instiller le doute dans l’esprit de ses collègues par la seule force du raisonnement, et le réexamen des faits, qui, selon lui, n’ont pas suffisamment été étudiés en détail par l’avocat de la défense, mal payé. Celui-ci a été commis d’avance, et, peu motivé, n’a pas fait son boulot à fond. Le premier doute concerne le couteau, un cran d’arrêt, dont il est dit au procès qu’il est une pièce rare. N°8 prouve le contraire, ayant acheté un couteau parfaitement semblable dans une boutique du quartier où vivait le jeune homme. De fil en aiguille, les preuves de culpabilité avancées par l’accusation montrent leurs limites. À la fin, tous les jurés plaident non coupable, non sans que certains, pour des raisons personnelles, ou à cause de préjugés sur le milieu social de l’accusé n’aient freiné des quatre fers pour réfuter jusqu’au bout une évidence qui s’imposait progressivement.

Mais une question mérite d’être posée. Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment a-t-on pu aussi légèrement mettre la vie de quelqu’un en jeu ? L’examen et la reconstitution des faits montre que doute il y a, qu’il est fondé et raisonnable (exigence demandée aux jurés pour prononcer la non-culpabilité). Par ailleurs, d’où vient que le n°8 ait été si intransigeant et têtu dans sa quête de vérité ? Pourquoi lui seul ? S’agit-il seulement d’une question de rigueur ?

Le film est-il un plaidoyer contre la peine de mort ? Ce n’est pas évident. N°8 soutient que la jeunesse de l’accusé (il a 18 ans), la violence de son père donne quelque excuse à son geste. Mais les faits sont pourtant là, et le parricide pourrait bien constituer une circonstance aggravante (le dernier juré à céder a justement une relation difficile avec son fils). Mais le film oriente subrepticement le spectateur vers deux notions clés qui donnent au film toute sa force : le rôle de la conscience joint à un appel récurrent à la responsabilité, et le sens de la justice (quelques plans sur le palais de justice au début et à la fin du film en montrent l’importance), ce qui a suscité en moi quelques réflexions.

La conscience tout d’abord : loin de se baser sur la sympathie ou l’antipathie que peut susciter l’assassin présumé, qu’on ne verra d’ailleurs que sur un seul plan et dont on ignorera jusqu’au bout le nom, une première question qui se pose est celle du droit que se donne la société de condamner quelqu’un à mort. Pour qu’une telle sentence puisse être prononcée, il faut d’une part que la culpabilité de l’individu ne fasse aucun doute, ce qui semble être le cas au début des délibérations, mais aussi que, ceci établi, le principe de disposer de la vie d’une personne ne soit pas contestable. Or, comment justifier la condamnation à mort de quelqu’un tout en pénalisant (de mort) le meurtre ou l’assassinat ? la question n’est pas abordée frontalement dans le film, mais le juré n°8, dans les toilettes souligne la gravité qu’il y a de disposer ainsi de la vie de quelqu’un : « supposez qu’il n’a pas commis de crime ? »

Le sens de la justice. Il ne s’agit pas seulement de respecter les procédures, ou de les faire appliquer, mais de ne pas se fier aveuglément aux acteurs du procès lui-même, donc de garder une réelle indépendance de jugement. Comment juger, lorsque toutes les apparences sont contre un individu suspecté de meurtre, lorsque la défense elle-même est défaillante ? Comment établir la vérité sans pour autant se laisser guider a priori par une solution plutôt qu’une autre selon ses impressions ? On ne peut rendre à chacun selon ses actes, s’ils sont ignorés, s’il faut les reconstituer péniblement, sans garantie d’honnêteté de la part de l’accusé ou de la tangibilité des faits, de la crédibilité des témoins... Le film à cet égard offre une admirable joute verbale entre des hommes contraints d’exposer leurs arguments jusqu’au bout, en exposant parfois leurs motivations secrètes. Il démontre ainsi que nul ne connaît véritablement le cœur de l’autre tant que ce dernier ne l’a pas lui-même dévoilé (il en va de même pour l’aveu, qui doit cependant lui aussi être crédible). Ceci vaut donc pour tous les acteurs du procès et dépasse, de loin, les faits eux-mêmes. Lorsque le Christ dit aux juges de la femme adultère : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre » (Jn 8,7), il rappelle que c’est du cœur que naissent les pensées mauvaises (cf. Mt 15,19), que tous les hommes sont pécheurs devant Dieu et privés de sa gloire (cf. Rm 3,23).

Mais ce qui est remarquable, dans le film, c’est que tout a dépendu, finalement, de la sagacité d’un seul individu, un architecte, un non-spécialiste du droit, armé de sa seule raison et de son bon sens. Et on craint que si cette sagacité venait à manquer à ceux qui font métier dans la justice (comme elle a déjà manqué au cours du procès exposé ici), s’il ne se trouve personne pour mettre en cause l’ensemble des procédures, des plaidoiries, des preuves accumulées, des témoins, avec courage force et persévérance, l’aveuglement resterait total, et la justice mal rendue, risquant de condamner un possible innocent.

L’exécution à mort du condamné rend la sentence, de plus, irréversible. Tel me semble être l’enseignement final du film : il est impossible (un jugement n’est pas une science exacte, comme cela est rappelé) d’être certain qu’aucune erreur n’entache ce jugement, qu’un innocent ne paie pas pour un autre. Il faut dire aussi que l’éventualité d’un autre assaillant n’est pas explorée jusqu’au bout : qui cela pourrait-il être, pour quel mobile ? En tous cas, dans le film, à aucun moment il n’a pu être prouvé, sans aucun doute possible, que le jeune homme était coupable, sans exclure pourtant cette possibilité. La justice s’expose ainsi à l’erreur et à la condamnation d’innocents. Mais de plus, il faut que les jurés dépassent leurs préjugés : si on ne connaît le nom de deux d'entre eux qu'à la fin, c'est que le travail du juré doit justement dépasser l'individualité, ses intérêts, ses limites.

Le film, à cet égard, reflète les ambivalences de la justice américaine en matière d’exécution capitale : la législation n’a cessé d’évoluer dans nombre d’États américains, avec des allers-retours, des moratoires, preuve s’il en est, que les hommes qui s’attribuent, au nom de la justice, un pouvoir sur la vie d’autrui ne parviennent jamais à trouver la paix de l’esprit. Il est même absurde de penser que, dans un même pays, même fédéral, il puisse y avoir des législations et des pratiques aussi différentes (et bien sûr les divisions entre abolitionnistes et autres composantes de la société, par exemple la peine capitale est considérée comme anticonstitutionnelle dans l’État de New York, sans l’abolir, mais la rendant inapplicable). Tout ceci montre encore que les États se donnent le droit de légiférer en des matières qui ne lui appartiennent pas et devant lesquelles les différents requérants et les populations sont hésitantes, dépendantes des politiques, des courants d’idées et de la culture, des conceptions morales, des milieux sociaux et de leurs pouvoirs d’influence, des faits considérés comme graves ou non selon les époques, et loin d’être solidement ancré dans des principes universels intangibles (mais ici on entre dans des questions de philosophie du droit).

À noter qu’un remake a été réalisé en 2007 : 12 par Nikita Mikhalkov, qui se termine par l’évocation d’une petite icône de la Vierge Marie, présente (sans doute) mystérieusement pendant tous les débats. Pour compléter cette lecture du film, consulter l’excellent article d’Ophélie Wiel : archive.org/details/TWELVE-ANGRY-MEN/TWELVE_ANGRY_MEN_fr.mp4

Abbé Jean-Luc Maroy

 

 

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Jean-Luc Maroy
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