9ème jour – Tarsem est arrivé !


Tarsem Dhandwhar de son vrai nom, est le réalisateur indien visionnaire qui a réalisé des clips vidéo tels que Losing my Religion de R.E.M et Sweet Lullaby de Deep Forest, ainsi que de nombreux spots publicitaires pour Levis, Nike, Reebok, Coca-Cola… A 38 ans, ce réalisateur primé a rejoint la Biennale cette année pour promouvoir son premier long métrage, The Cell, produit par New Line production, et projeté hors-compétition. Jennifer Lopez (qui revient à l’écran après une incursion pleine de succès dans le monde de la musique) y joue une scientifique qui explore l’esprit d’un dangereux schizophrène (Vincent d'Onofrio) afin de sauver sa dernière proie.

Influencé par Dali, Lynch et Caravaggio, Tarsem réussit avec succès toutes les séquences psychologiques, mais n’est pas convaincant dans le domaine du réalisme. Bien que le film fut bien reçu à Venise, The Cell n’attirera certainement que les fans de la luxuriante Lopez, que l’on voit arborer toutes sortes de costumes et apparats exotiques.

Autre film qui traite du sub-conscient en des termes très différents : Pollock, qui marque les débuts de Ed Harris à la réalisation. Harris y interprète lui-même le grand peintre Jackson Pollock, la première « star de l’art » américaine, qui a révolutionné le monde de l’art dans les années 40 avec son « action painting ». Pour son rôle, Harris a pris les pinceaux sans hésitation. « Ce serait ridicule de croire que je pourrais un jour peindre comme lui » a déclaré l’acteur. « Et pourtant je devais peindre dans le film. Le plus difficile était d’acquérir suffisamment de confiance en moi pour peindre en respectant le style que Pollock adoptait… de m’engager avant tout en tant que peintre, de rester concentré sur le côté créatif de l’art et non de reproduire l’art de quelqu’un d’autre ».
Comme il peint déjà depuis plusieurs années, on peut se demander si Harris serait tenté de suivre les chants des sirènes de la reconnaissance artistique. Mais, à l’inverse de son modèle, il garde les pieds sur terre. « Le besoin de reconnaissance de Pollock le rendait presque psychopathe. Pourtant, il s’est battu avec rage pour être en harmonie avec lui-même. Il formait un tout avec son art. C’est cet aspect de son être – avoir désespéramment besoin de reconnaissance, mais n’offrir que la vérité aux regards de ses juges – qui m’a conduit à lui ».

Masato IshiokaBien qu’aucun film japonais ne soit en compétition officielle à Venise – contrairement aux festivals de Cannes avec Tabou de Nagisa Oshima et Locarno avec Hotaru de Naomi Kawase – le festival a mis quelques spécimens de côté, comme Currency & Blonde et Scout Man. Scout Man, projeté durant la 15ème Semaine de la Critique, est le premier film du jeune réalisateur Masato Ishioka. Il explore l’étrange univers des « scout men », hommes qui errent dans les rues du matin au soir, afin de recruter de jeunes femmes pour des films « d’adultes ». Masato Ishioka adopte un point de vue quasi-documentaire et non voyeur pour filmer l’évolution de ses personnages (acteurs professionnels et amateurs), dans une réalité parallèle trompeuse. Scout Man sera prochainement projeté à Toronto dans la section Découverte.

Au début du siècle dernier, Turin était la capitale du cinéma italien, comptant 12 maisons de production et 73 cinémas. Beaucoup de cinéastes choisirent de tourner leurs films à Turin ; Antonioni y a réalisé Cronica di un Amore, Guiseppe de Santis Riz Amer. Ceci a engendré la création de la Fondation de la Comission de Turin et du Piémont, dans le but de promulguer le cinéma, la télévision et l’audio visuel.Ne vous étonnez pas, en rentrant e salle de presse, de vous retrouver nez à nez avec des hôtesses vous proposants coctails et spécialités culinaires de la région….

Filmfestivals.com vous présentera Tiziano Sossi, l’auteur d’un Dictionnaire des Femmes réalisatrices. En compétition demain, nous trouverons O Fantasma de Joao Pedro Rodrigues, Durian Durian du Léopard d'Argent de Locarno Fruit Chan (c'était pour Little Cheung, son précédent film) , et La Lingua del Santo de Carlo Mazzacurati.

Robin Gatto