|
8ème
jour. Lucas arrive de façon virtuelle à Venise
Les dernières 24 heures ont été marquées par des non-représentations et
des représentations virtuelles. Hier, George Lucas a assisté à une conférence
de presse depuis les environs de Caserta, où il est en train de tourner
la suite de La Menace Fantôme. C’est l’endroit qu’il a choisi
pour incarner la planète Naboo, dont la culture, très riche, est très
semblable à la société italienne. Lucas a mentionné le fait qu’il n’utilise
que des caméras digitales, ce qui n’a jusqu’à présent jamais été fait
dans un long métrage à gros budget. Il a comparé le passage à la réalisation
digitale à celui des grandes fresques à la peinture à l’huile : pour lui,
les progrès techniques ne rejettent aucunement le travail qui a été fait
avant eux.
Parmi les journalistes
qui ont regardé cette conférence sur des écrans géants en face du casino,
beaucoup ont remarqué que Lucas semblait être dans une galaxie fort lointaine,
d’autant qu’il fallait vraiment tendre l’oreille pour entendre ce qu’il
disait. L’équipe de Lucas quitte l’Italie cette semaine pour la Tunisie,
afin de boucler le projet.
Ce
matin, Claudia Schiffer ne s’est pas rendue à la conférence de The
Sound, le dernier film de Nicolas Roeg. La foule a attendu patiemment
pendant une demie-heure puis a commencé à siffler et huer. Une heure après
l’heure prévue, Roeg est apparu comme un lot de consolation et a expliqué
que Schiffer venait juste d’arriver à Venise, et qu’elle n’avait pas eu
le temps d’assister à la conférence. Il a pris le micro, mais il n’eut
que le temps de répondre à deux questions. Jusqu’à présent, The
Sound est le seul court métrage qui ait attisé la curiosité genérale
: le réalisateur Roeg a choisi Schiffer précisément pour son mutisme :
« Elle est populaire depuis 10 ans mais, plus encore que pour les autres
stars, personne ne connaît vraiment le son de sa voix. » Mais même si
les gens étaient intrigués, le film en lui même n’a pas fait beaucoup
parler de lui, notamment depuis qu’on a eu l’occasion de le voir.
Il fallait aussi
s’imposer hier soir pour assister à la première italienne de Small
Time Crooks de Woody Allen, que les spectateurs ont adoré. Le
film retrace l’histoire d’un couple d’Américains qui imaginent multiples
stratagèmes pour s’enrichir. La foule avait l’air d’être reconnaissante
du retour de Woody Allen à un registre comique, entreprise qui n’aurait
pu être mieux servie que par les acteurs de ce court métrage. Le jeu d’Elaine
May, de Tracey Ullman et de Woody Allen est envoutânt.
La journée a été remplie
d’avant-premières mondiales de grands noms du cinéma : Pollock
de Ed Harris, My Generation de Barbara Kopple et Dayareh
de l’iranien Jafar Panahi. Pollock, dont le sujet n’est autre que le peintre
abstrait du XXème siècle, marque les débuts de l’acteur Ed Harris derrière
la caméra. Le film a été projeté dans le cadre de la section Cinema del
Presente. Le public de Venise a l’air d’apprécier ce film, et Sony fait
le pari que d’autres l’aimeront aussi puisqu’ils viennent d’en acheter
les droits hier.
Plus
que trois jours avant la fin de la compétition, et la foule du Lido ne
parle toujours que de Before Night Falls. Si des prix récompensant
le meilleur bouche à oreille devaient être rendus aujourd’hui, ce film
en remporterait sûrement. Il est tellement est difficile de faire dire
du mal du long métrage de Schnabel à qui que ce soit. Le Lido est également
en passe de devenir l’année du cinéma asiatique, puisque le continent
s’est plus imposé ici que dans tous les festivals précédents, avec Brother
de Takeshi Kitano, et la grande popularité de Seom, Currency
& Blonde et Time & Tide.
Ce soir, les festivaliers
attendent la projection de The Cell, avec Jennifer Lopez,
qui devrait faire une apparition, et de Selon Matthieu de
Xavier Beauvois, film en compétition.
Allez voir nos dernières
interviews : Tsui Hark de Time
& Tide.
Robin
Gatto.
|