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145 min, 2001, United States

Synopsis

Le futur... la fonte des glaces, longtemps redoutée, a submergé des centaines de villes à travers le monde, provoqué des famines, exodes et déplacement de populations.Mais la limitation des ressources naturelles et le contrôle sévère des naissances ont également induit de nouveaux développement technologiques. Les robots sont ainsi devenus une composante essentielle de la vie quotidienne. Ces "mécas" sophistiqués assurent désormais la plupart des tâches domestiques. L'Homme ne peut plus se passer d'eux.

Pourtant le visionnaire Professeur Hobby de la Cybertronics Manufacturing veut aller encore plus loin en créant le premier robot sensible : un enfant capable d'aimer sincèrement ses "parents" adoptifs, une "méca" qui développerait au contact des humains un vaste répertoire d'émotions, de désirs, de rêves et de souvenirs. Vingt mois après cette annonce, David fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils, Martin, a été cryogénisé à la suite d'une grave maladie.


Réalisateur

Né le 18 décembre 1946 à Cincinnati, Steven Spielberg réalise son premier court métrage "Escape to Nowhere" à l'âge de quatorze ans. En 1964, il tourne son premier film amateur de science-fiction Firelight. En 1968, il aborde le 35 mm, avec le court métarge Amblin. Le film se fait remarquer et Universal Television propose à Spielberg un contrat de sept ans.

C'est pour la télévision qu'il tourne Duel en 1971 qui sort en salles en Europe et remporte le Grand Prix du Festival d'Avoriaz. Il réalise son premier film pour le cinéma en 1974 Sugarland Express. Suivent Les Dents de la mer et Rencontre du Troisième type, deux énormes succès qui ne tardent pas à faire de lui un des hommes les plus puissants d'Hollywood. Si son troisème film, 1941 est un échec, il se relance avec Les Aventuriers de l'Arche perdue et ET, deux des plus gros succès de l'histoire du cinéma.

Ses autres succès comptent aussi des films comme Jurassic Park et des oeuvres plus personnelles et graves comme La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan.


Critique

Film porté pendant des années par Stanley Kubrick avant d'échoir à Steven Spielberg, A.I. est un objet hybride qui ne peut que susciter la curiosité. Adapté d'une nouvelle de Brian Aldiss, le film est constitué de trois parties très différentes. Dans la première, constitué de la nouvelle proprement dite, un couple en deuil de leur fils plongé dans un coma qui semble irrémédiable accepte d'adopter un enfant robot. Dans une atmosphère ouatée aux décors blancs et lumineux dignes de Shining ou d'Eyes Wide Shut, toute cette première heure du film distille un malaise et une ambiguïté toute kubrickienne. On sait que le regretté cinéaste avait déjà beaucoup travaillé sur les décors et il semble que Spielberg se soit inspiré de son travail. Si le travail plastique du wonderboy américain est loin d'égaler celui de Kubrick, notamment en ce qui concerne la lumière, il faut reconnaître que cette partie du film est très réussie. Après cela se gâte.

La suite de A.I. raconte en effet un périple à la Pinocchio, le petit robot David, à la recherche d'une fée qui pourrait le transformer en vrai garçon, devra remonter jusqu'à ses origines. Dans des décors toujours aussi magnifiques, mais plus bariolés, cette partie du film marque l'entrée du grotesque, plus tendance Spielberg que Kubrick. Si les bonnes idées sont nombreuses, comme le prostitué mécanique interprété par un Jude Law minéral et lunaire, le scénario faiblit et le tout perd peu à peu de sa profondeur et de sa pertinence au profit d'un récit peu convaincant. Au terme de son voyage, David retrouve son créateur dans un superbe New York à moitié immergé. La seule séquence réussie de la deuxième partie intervient à ce moment là, Spielberg renouant avec l'angoisse dans une scène inquiétante où David fait une découverte aussi déstabilisante que capitale.

La dernière demi-heure du film est un épilogue à rallonge qui s'enfonce à chaque scène dans un invraisemblance frôlant le ridicule. Même si les effets spéciaux et les décors restent visuellement très riches, et se font même d'une abstraction étonnante, rien ne permet de sauver la fin de A.I. qui est un peu à l'image du film dans son ensemble, écartelé entre le ridicule et le beau, la richesse du sujet et les ratés de son scénario.

Yannis Polinacci

FILM CREDITS
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Steven Spielberg
Photo Janusz Kaminski
Montage Michael Kahn
Décor Rick Carter 
Costume Bob Ringwood 
Musique John Williams  
Interprètes
Haley Joel Osment
Jude Law
Frances O'Connor
Sam Robards
Jake Thomas
 
Contact Steven Spielberg  
DREAMWORKS 
Agent/Distributeur Warner Bros  

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