Découvrez un Festival
Notre Sélection
Choix par pays, mois
Festivals du mois, de la semaine
Affiches
Toronto - Deauville
Cannes - Oscars - Berlin
Archives
Découvrez un Film
Notre Sélection
Choix par pays, année
Gallerie
Toronto - Deauville
Cannes - Oscars - Berlin
Newsletter
Recherche
Liens
 
132 min, 2000, United States

Synopsis

Dix ans après son évasion de la clinique de Haute Sécurité où il avait fait la connaissance de l'agent spécial Clarice Starling, le sinistre Docteur Lecter, surnommé "Hannibal le Cannibale" a trouvé refuge dans la ville de Florence en Italie, menant enfin la vie dont il avait toujours rêvé entre arts, culture et cuisine raffinée. De son côté Clarice est en disgrâce auprès de ses supérieurs après une fusillade très médiatisée. Elle se voit donc attribuer la délicate mission de retrouver Lecter dont le souvenir la hante encore. Elle se rend pour commencer chez Mason Verger, un milliardaire mutilé par Hannibal qui n'aspire plus qu'à une chose : se venger.


Réalisateur

Ridley Scott est né en 1939 à Southfields dans le Northumberland en Angleterre. Après une enfance passée entre Londres, le Pays de Galles et l'Allemagne, il s'inscrit au West Hartpool College of Art puis au Royal College of Art de Londres, où il cottoie le peintre david Hockney. Il y suit des cours de dessin mais aussi de cinéma qui lui permettent de réaliser, avec l'aide de son père et de son frère Tony (futur réalisateur de Top Gun), son premier court-métrage Boy on a Bicycle.

Grâce à une bourse, il part un an à New York où il travaille avec deux grands documentaristes américains : Richard Leacock et D.A. Pennebaker. De retour à Londres, il entre à la BBC comme chef décorateur puis comme réalisateur avant de fonder sa propre société de production de publicité avec laquelle il réalisera plus de 2000 spots.

En 1976, il réalise son premier long-métrage Duellistes qui remporte le Grand Prix du jury du Festival de Cannes 1977, avant de signer en 1979 et 1982 deux films majeurs de la science fiction moderne : Alien et Blade Runner. Les films qui suivront seront plus ou moins heureux. En 1991, Thelma et Louise lui vaut d'être nominé à l'oscar de la mise en scène. Il enchaîne ensuite avec 1492 Christophe Colomb avant de toucher le fond avec Lame de fond et GI Jane. Personne ne croit plus en lui avant l'an 2000 et le triomphe de Gladiator qui pourrait lui valoir l'oscar.

Filmographie :
1977 Duellistes
1979 Alien
1982 Blade Runner
1985 Legend
1987 Traquée
1989 Black Rain
1991 Thelma et Louise
1992 1492 Christophe Colomb
1996 Lame de Fond
1997 GI Jane (A Armes Egales)
2000 Gladiator
2001 Hannibal


Critique

Après le succès immense du Silence des Agneaux de Jonathan Demme (Cinq oscars dont ceux de la meilleure actrice pour Jodie Foster et celui du meilleur acteur pour Anthony Hopkins), Hannibal suscite une énorme attente auprès des spectateurs qui n'ont pas oublié les inquiétants face à face derrière une vitre de verre entre la novice du FBI Clarice Starling et le psychopathe cannibale Hannibal Lecter. En acceptant de faire ce "sequel" (suite en jargon hollywoodien) Ridley Scott partait avec l'avantage de pouvoir faire un carton instantané (les chiffres que vient de faire Hannibal aux USA, troisième meilleur démarage de tous les temps, le prouvent), mais aussi avec le risque de décevoir après un premier opus parfaitement glacial et réussi.

De fait, la déception face à Hannibal arrive très vite, dès la première séquence. Si on essaie de vite oublier l'absence de Jodie Foster (Julianne Moore est aussi une excellente actrice), on est rapidement plongé dans une intrigue bien loin de l'originalité du premier volet et c'est avec un effarement certain qu'on retrouve Clarice Starling en plein démêlés avec ses supérieurs hierarchiques pour avoir abusé de sa violence lors d'une fusillade en pleine rue. On se croirait alors en pleine mauvaise série policière télévisée dans lesquelles l'autorité cherche à justifier son pouvoir. Là encore, on essaie d'oublier, dans l'attente du reste, de ce qui constitue la principale attente du film : le personnage d'Hannibal Lecter.

Nous le retrouvons dans la superbe ville de Florence, que Scott filme tour à tour comme un paysage de carte postale et parfois, de façon hélas plus discrète, comme la cité futuriste pluvieuse de Blade Runner. C'est dans la capitale de la Renaissance italienne, autant berceau des chefs d'oeuvre de Boticelli que des crimes des Médicis, que le Docteur Lecter mène une existence à son goût, endossant l'identité d'un paisible et élégant professeur d'université. Le cadre paraît bien choisi, mais là encore l'intrigue ne convainc pas et on est vite déçu par le manque de tension de Hannibal qui à aucun moment n'atteint l'ambiguité et le suspens du Silence des Agneaux, pas plus qu'il ne développe de façon intéressante ses personnages qu'on se délectait de retrouver.

Bien sûr, il est toujours délicat et un peu injuste de juger d'une suite par rapport au premier film. Hannibal est de fait très différent du film de Demme. Si ce dernier était un film qui développait à loisir le motif du puzzle et de la coûture et utlisait à cette fin toutes les ressources du montage que le film criminel peut permettre (cf la fameuse scène en faux montage parallèle de l'arrivée du FBI chez le meurtier), le film de Scott est plutôt un film sur le fantasme. Fantasme du spectateur de voir enfin tous les crimes de Lecter que le premier épisode (à une exception près) ne faisait que décrire, fantasme d'un réalisateur qui s'aproprie un personnage aussi terrifiant que populaire et bien sûr fantasmes des personnages : ceux de Lecter et de Krender (chef du FBI) pour Clarice et ceux de Mason et de Clarice pour Lecter.

Pour figurer cette cascade de fantasmes, Scott n'opte pas pour la suggestion et fait en sorte de combler tous les interstices et ellipses du premier volet. C'est ainsi à foison que les crimes de Lecter sont dévoilés jusqu'à cette scène du repas final qui illustre la fameuse phrase de fin du premier volet ("j'ai un ami pour le dîner"), donnant à Hannibal un côté beaucoup plus gore que Le Silence des Agneaux. Les autres fantasmes sont donnés à voir tout aussi littéralement : celui de Mason est de jeter Lecter aux cochons et celui de Lecter est de faire de Clarice un modèle de Gucci. Ces deux idées en disent long sur le programme figuratif du film : reléguer Lecter au grotesque et faire de Clarice une icône publicitaire. Ainsi, entre farce et esthétique de publicité (c'est finalement ce dernier aspect qui s'avère le plus dommageable), Hannibal a du mal à trouver ses marques, se révélant au final assez décevant pour des fans qui étaient en droit d'attendre mieux de cette suite.

Yannis Polinacci

Critique 2

Rarement suite aura été aussi attendue au cinéma. Normal : dans l'histoire moderne du cinéma noir, il y a avant et après Le Silence des Agneaux. Sorti en l990, le film de Jonathan Demme, adapté du roman de Thomas Harris a été un phénomène mondial, inspirant la vogue qui n'en finit plus des serial killers à l'écran. Mais aucun autre titre, pas même Seven, n'a atteint l'éclat noir et sombre de ce premier épisode.

Les critiques ont été dans leur majorité plutôt dures avec Hannibal. Normal : en France, on n'aime ni le succès, ni les suites. Pour de nombreuses raisons, celle-là ne mérite pas tant d'indignité, au contraire. Le point de vue a changé : Le Silence des Agneaux était entièrement raconté du côté de Clarice Sterling, la jeune agent du FBI qui effectuait une analyse autant qu'une enquête policière en se penchant sur les noirs abîmes de l'âme d'un tueur monstrueux, et remontait le fil rouge de ses traumatismes,jusqu'à son enfance, la mort de son père, et découvrait au fur et à mesure son trouble penchant pour l'assassin cannibale. Cette fois, nous passons du côté de l'assassin, qui est toujours en liberté et qui a trouvé refuge dans la vieille Europe, en occupant un poste de professeur dans un musée de Florence, où il peut assouvir tous ses appétits, des plus sadiques aux plus intellectuels.

Ce qui n'était donc que suggestion dans Le Silence devient ici visible : le réalisateur nous montre les méfaits du tueur quand nous ne faisions que les deviner ou assister à leurs conséquences. D'où ces scènes horrifiques sur lesquelles certains s'esclaffent de rire autant que de peur…Mais elles sont dans le livre et Ridley Scott ne fait que mettre en images, avec un brio de styliste visuel stupéfiant, le contenu du roman que l'auteur a mis dix ans à accoucher. Et le vrai propos est ailleurs : il s'agit bien de l'attirance physique du bourreau pour celle qui le recherche, et de l'enquêtrice pour sa proie qui est développée ici, sur fond de Verdi, d'opéra, et de flots de musique classique, donnant au film un aspect vertigineux et halluciné. On aime Hannibal comme Clarice l'aime jusqu'à cette fusion que l'on sent possible entre le terrible minotaure et la belle sirène, qui était developpée dans le livre, et ne l'est pas malheureusement pas dans le film, pour laisser la place à un probable troisième épisode.

Cette passion secrète, cet érotisme sanglant, ce mélange d'Eros et Thanatos, de noir dégoût et de pur désir sont rendus possibles aussi par le changement de comédienne : Jodie Foster incarnait une héroïne jeune et immature, Julianne Moore qui la remplace, est devenue une femme belle, désirable, qui affolent les sens de Lecter comme ceux du spectateur. Et Anthony Hopkins, qui restera marqué à jamais par cette création, peut donne libre cours ici à son personnage, plus que dans Le Silence des Agneaux dans la quête de celle qui est la seule à pouvoir le guérir de ses terribles penchants.

Il faudrait parler aussi de la métamorphose sidérante de Gary Oldman, de la composition de Ray Liotta qui joue une scène qui restera dans les anthologies du cinéma, des tableaux majestueux qui composent ce thriller lyrique : bref, Hannibal dure deux heures et dix minutes, et on le quitte à regret. C'est un grand et beau film, très différent du premier, mais ô combien passionnant. Immanquable.

Michel PASCAL
FILM CREDITS
Réalisation Ridley Scott
Scénario David Mamet
Photo John Mathieson
Montage Thomas Harris
Décor David Crank 
Costume Janty Yates 
Musique Hans Zimmer  
Interprètes
Anthony Hopkins
Julianna Moore
Gary Oldman
Ray Liotta
Giancarlo Giannini
 
Contact Ridley Scott  
DINO DE LARENTIIS COMPANY 
Agent/Distributeur Universal Pictures  

> Ajoutez à vos favoris > A propos de nous > Annoncez
>
Recrutement > Conditions d'utilisation > Contactez nous