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132
min, 2000, United States
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| Synopsis |
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Dix ans après son
évasion de la clinique de Haute Sécurité où il avait
fait la connaissance de l'agent spécial Clarice Starling, le sinistre
Docteur Lecter, surnommé "Hannibal le Cannibale" a trouvé
refuge dans la ville de Florence en Italie, menant enfin la vie dont il avait
toujours rêvé entre arts, culture et cuisine raffinée. De
son côté Clarice est en disgrâce auprès de ses supérieurs
après une fusillade très médiatisée. Elle se voit
donc attribuer la délicate mission de retrouver Lecter dont le souvenir
la hante encore. Elle se rend pour commencer chez Mason Verger, un milliardaire
mutilé par Hannibal qui n'aspire plus qu'à une chose : se venger.
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Réalisateur |
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Ridley Scott est né en 1939 à Southfields dans le Northumberland en Angleterre.
Après une enfance passée entre Londres, le Pays de Galles et l'Allemagne, il
s'inscrit au West Hartpool College of Art puis au Royal College of Art de Londres,
où il cottoie le peintre david Hockney. Il y suit des cours de dessin mais aussi
de cinéma qui lui permettent de réaliser, avec l'aide de son père et de son
frère Tony (futur réalisateur de Top Gun), son premier court-métrage
Boy on a Bicycle.
Grâce à une bourse, il part un an à New York où il travaille avec deux grands
documentaristes américains : Richard Leacock et D.A. Pennebaker. De retour à
Londres, il entre à la BBC comme chef décorateur puis comme réalisateur avant
de fonder sa propre société de production de publicité avec laquelle il réalisera
plus de 2000 spots.
En 1976, il réalise son premier long-métrage Duellistes qui remporte
le Grand Prix du jury du Festival de Cannes 1977, avant de signer en 1979 et
1982 deux films majeurs de la science fiction moderne : Alien et Blade
Runner. Les films qui suivront seront plus ou moins heureux. En 1991, Thelma
et Louise lui vaut d'être nominé à l'oscar de la mise en scène. Il enchaîne
ensuite avec 1492 Christophe Colomb avant de toucher le fond avec Lame
de fond et GI Jane. Personne ne croit plus en lui avant l'an 2000
et le triomphe de Gladiator qui pourrait lui valoir l'oscar.
Filmographie :
1977 Duellistes
1979 Alien
1982 Blade Runner
1985 Legend
1987 Traquée
1989 Black Rain
1991 Thelma et Louise
1992 1492 Christophe Colomb
1996 Lame de Fond
1997 GI Jane (A Armes Egales)
2000 Gladiator
2001 Hannibal
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Critique |
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Après le succès immense du Silence des Agneaux de Jonathan Demme (Cinq
oscars dont ceux de la meilleure actrice pour Jodie Foster et celui du meilleur
acteur pour Anthony Hopkins), Hannibal suscite une énorme attente auprès
des spectateurs qui n'ont pas oublié les inquiétants face à face derrière une
vitre de verre entre la novice du FBI Clarice Starling et le psychopathe cannibale
Hannibal Lecter. En acceptant de faire ce "sequel" (suite en jargon hollywoodien)
Ridley Scott partait avec l'avantage de pouvoir faire un carton instantané (les
chiffres que vient de faire Hannibal aux USA, troisième meilleur démarage
de tous les temps, le prouvent), mais aussi avec le risque de décevoir après
un premier opus parfaitement glacial et réussi.
De fait, la déception face à Hannibal arrive très vite, dès la première
séquence. Si on essaie de vite oublier l'absence de Jodie Foster (Julianne Moore
est aussi une excellente actrice), on est rapidement plongé dans une intrigue
bien loin de l'originalité du premier volet et c'est avec un effarement certain
qu'on retrouve Clarice Starling en plein démêlés avec ses supérieurs hierarchiques
pour avoir abusé de sa violence lors d'une fusillade en pleine rue. On se croirait
alors en pleine mauvaise série policière télévisée dans lesquelles l'autorité
cherche à justifier son pouvoir. Là encore, on essaie d'oublier, dans l'attente
du reste, de ce qui constitue la principale attente du film : le personnage
d'Hannibal Lecter.
Nous le retrouvons dans la superbe ville de Florence, que Scott filme tour
à tour comme un paysage de carte postale et parfois, de façon hélas plus discrète,
comme la cité futuriste pluvieuse de Blade Runner. C'est dans la capitale
de la Renaissance italienne, autant berceau des chefs d'oeuvre de Boticelli
que des crimes des Médicis, que le Docteur Lecter mène une existence à son goût,
endossant l'identité d'un paisible et élégant professeur d'université. Le cadre
paraît bien choisi, mais là encore l'intrigue ne convainc pas et on est vite
déçu par le manque de tension de Hannibal qui à aucun moment n'atteint
l'ambiguité et le suspens du Silence des Agneaux, pas plus qu'il ne développe
de façon intéressante ses personnages qu'on se délectait de retrouver.
Bien sûr, il est toujours délicat et un peu injuste de juger d'une suite par
rapport au premier film. Hannibal est de fait très différent du film
de Demme. Si ce dernier était un film qui développait à loisir le motif du puzzle
et de la coûture et utlisait à cette fin toutes les ressources du montage que
le film criminel peut permettre (cf la fameuse scène en faux montage parallèle
de l'arrivée du FBI chez le meurtier), le film de Scott est plutôt un film sur
le fantasme. Fantasme du spectateur de voir enfin tous les crimes de Lecter
que le premier épisode (à une exception près) ne faisait que décrire, fantasme
d'un réalisateur qui s'aproprie un personnage aussi terrifiant que populaire
et bien sûr fantasmes des personnages : ceux de Lecter et de Krender (chef du
FBI) pour Clarice et ceux de Mason et de Clarice pour Lecter.
Pour figurer cette cascade de fantasmes, Scott n'opte pas pour la suggestion
et fait en sorte de combler tous les interstices et ellipses du premier volet.
C'est ainsi à foison que les crimes de Lecter sont dévoilés jusqu'à cette scène
du repas final qui illustre la fameuse phrase de fin du premier volet ("j'ai
un ami pour le dîner"), donnant à Hannibal un côté beaucoup plus gore
que Le Silence des Agneaux. Les autres fantasmes sont donnés à voir tout
aussi littéralement : celui de Mason est de jeter Lecter aux cochons et celui
de Lecter est de faire de Clarice un modèle de Gucci. Ces deux idées en disent
long sur le programme figuratif du film : reléguer Lecter au grotesque et faire
de Clarice une icône publicitaire. Ainsi, entre farce et esthétique de publicité
(c'est finalement ce dernier aspect qui s'avère le plus dommageable), Hannibal
a du mal à trouver ses marques, se révélant au final assez décevant pour des
fans qui étaient en droit d'attendre mieux de cette suite.
Yannis Polinacci
Critique 2
Rarement suite aura été aussi attendue au cinéma. Normal : dans l'histoire moderne
du cinéma noir, il y a avant et après Le Silence des Agneaux. Sorti en
l990, le film de Jonathan Demme, adapté du roman de Thomas Harris a été un phénomène
mondial, inspirant la vogue qui n'en finit plus des serial killers à l'écran.
Mais aucun autre titre, pas même Seven, n'a atteint l'éclat noir et sombre de
ce premier épisode.
Les critiques ont été dans leur majorité plutôt dures avec Hannibal. Normal
: en France, on n'aime ni le succès, ni les suites. Pour de nombreuses raisons,
celle-là ne mérite pas tant d'indignité, au contraire. Le point de vue a changé
: Le Silence des Agneaux était entièrement raconté du côté de Clarice Sterling,
la jeune agent du FBI qui effectuait une analyse autant qu'une enquête policière
en se penchant sur les noirs abîmes de l'âme d'un tueur monstrueux, et remontait
le fil rouge de ses traumatismes,jusqu'à son enfance, la mort de son père, et
découvrait au fur et à mesure son trouble penchant pour l'assassin cannibale.
Cette fois, nous passons du côté de l'assassin, qui est toujours en liberté et
qui a trouvé refuge dans la vieille Europe, en occupant un poste de professeur
dans un musée de Florence, où il peut assouvir tous ses appétits, des plus sadiques
aux plus intellectuels.
Ce qui n'était donc que suggestion dans Le Silence devient ici visible
: le réalisateur nous montre les méfaits du tueur quand nous ne faisions que les
deviner ou assister à leurs conséquences. D'où ces scènes horrifiques sur lesquelles
certains s'esclaffent de rire autant que de peur…Mais elles sont dans le livre
et Ridley Scott ne fait que mettre en images, avec un brio de styliste visuel
stupéfiant, le contenu du roman que l'auteur a mis dix ans à accoucher. Et le
vrai propos est ailleurs : il s'agit bien de l'attirance physique du bourreau
pour celle qui le recherche, et de l'enquêtrice pour sa proie qui est développée
ici, sur fond de Verdi, d'opéra, et de flots de musique classique, donnant au
film un aspect vertigineux et halluciné. On aime Hannibal comme Clarice l'aime
jusqu'à cette fusion que l'on sent possible entre le terrible minotaure et la
belle sirène, qui était developpée dans le livre, et ne l'est pas malheureusement
pas dans le film, pour laisser la place à un probable troisième épisode.
Cette passion secrète, cet érotisme sanglant, ce mélange d'Eros et Thanatos, de
noir dégoût et de pur désir sont rendus possibles aussi par le changement de comédienne
: Jodie Foster incarnait une héroïne jeune et immature, Julianne Moore qui la
remplace, est devenue une femme belle, désirable, qui affolent les sens de Lecter
comme ceux du spectateur. Et Anthony Hopkins, qui restera marqué à jamais par
cette création, peut donne libre cours ici à son personnage, plus que dans Le
Silence des Agneaux dans la quête de celle qui est la seule à pouvoir le guérir
de ses terribles penchants.
Il faudrait parler aussi de la métamorphose sidérante de Gary Oldman, de la composition
de Ray Liotta qui joue une scène qui restera dans les anthologies du cinéma, des
tableaux majestueux qui composent ce thriller lyrique : bref, Hannibal
dure deux heures et dix minutes, et on le quitte à regret. C'est un grand et beau
film, très différent du premier, mais ô combien passionnant. Immanquable.
Michel PASCAL |
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FILM CREDITS
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| Réalisation |
Ridley Scott
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| Scénario |
David Mamet
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| Photo |
John Mathieson |
| Montage |
Thomas Harris
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| Décor
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David Crank |
| Costume |
Janty Yates |
| Musique |
Hans Zimmer
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| Interprètes |
Anthony Hopkins
Julianna Moore
Gary Oldman
Ray Liotta
Giancarlo Giannini
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| Contact |
Ridley
Scott |
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DINO DE LARENTIIS COMPANY |
| Agent/Distributeur |
Universal Pictures
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