www.filmfestivals.com
 

Le pique-nique de Lulu Kreutz


L'avis de FilmFestivals.com

Un film dont les dialogues sont signé Yasmina REZA. Méfiez vous des apparences car sous l’indolence, le cynisme et la cruauté jubilatoire se cache une soif d’amour, un hymne désespéré et désabusé pour la passion qui est la seule justification de nos existences. La douceur présumée de la musique, le temps qui passe, le calme du lac et de la campagne, tout cela n’est qu’un leurre qui cache des tourments et des émois dignes des plus grandes tempêtes.

Difficile de ressortir indemne des griffes du texte de Yasmina que Didier Martiny met si bien en image. Le film est servi par une pléiade de comédiens au sommet de leur art.

Synopsis

Violoncelliste mondialement connu, Jasha Steg, est à un moment de sa vie où la gloire paraît amère et a perdu tout pouvoir consolateur.

Au cours d’une tournée internationale, il donne un concert à Evian. Ses parents et son oncle profitent de cette occasion pour venir l’entendre et passer quelques heures avec lui. Chacun se réjouit de ces retrouvailles devenues si rares.

Autres retrouvailles, celle des parents avec Lulu Kreutz, ami de toujours, qui vit dans cette ville d’eau. Celle de Jasha avec Anna une violoniste de l’orchestre.

Jasha aime Anna.

Anna est là avec son mari.

Le pique-nique en montagne, proposé par Lulu, va réunir ces êtres qui s’aiment mais que le temps sépare. Réunion improbable, échevelée, gaie, merveilleuse et désespérée à la fois.

Extraits d’un entretien avec Didier Martiny :

Après Il Biscione d’après une nouvelle de Dino Buzzatti et A Demain, le nouveau film de Didier Martiny Le pique-nique de Lulu Kreutz est, comme ses deux films précédents, tout entier habité par l’obsession de retenir le temps par le désir et l’illusion de retenir son cours.

Yasmina Reza signe le scénario du film. A-t-elle composé cette histoire pour que vous en fassiez un film ?

Le texte se présentait sous la forme d’une continuité dialoguée et non d’un scénario. Yasmina Reza pensait qu’elle pourrait être une base pour un film. Elle m’a proposé de m’en emparer. J’ai proposé des coupes, des ajouts, nous avons travaillé ensemble, puis j’ai travaillé seul pour en faire l’adaptation.

Le thème du temps qui passe était déjà au cœur de vos deux premiers films ?

Sans doute, est-ce effectivement là un thème commun aux histoires que j’aime raconter…J’ai d’abord été séduit par le charme du ton, la fantaisie des relations des personnages qui m’étaient proches.

Vous avez réuni des acteurs de forte personnalité. Pensiez vous à eux en travaillant le texte originel, en construisant le scénario ?

Pour le violoncelliste qui ressemble à un " rugbyman ", oui j’ai tout de suite pensé à Niels Arestrup. Il fallait quelqu’un qui puisse introduire d’emblée tous les paradoxes : la force, la séduction, le danger…

J ‘aime particulièrement le travail de direction d’acteur. J’ai eu la chance de faire travailler sept acteurs dans sept rôles majeurs (Niels Arestrup, Michel Aumont, Stéphan Audran, Philippe Noiret, Judith Magre, Carole Bouquet, Johan Leysen) ce qui est assez rare dans la construction habituelle des scénarios. Ils se sont tous prêtés à cette entreprise chorale avec enthousiasme.

Il y a un huitième personnage, on ne le voit pas, on en parle fugitivement…

Il suffit d’une image, d’un souvenir et ce personnage existe. Il est léger comme un personnage de Chagall et pourtant il va envahir l’espace de réprésentation.

La musique est au cœur de l’histoire

Elle est utilisée de façon très minimaliste. Elle prend ainsi tout son poid.

Il y a quelque chose de déchirant dans cette histoire et pourtant elle fait rire sans cesse. C’est la malice de l’auteur ?

Yasmina saisit le vif des conversations, elle sait donner à chaque personnage sa propre langue. Parce qu’elle st généreuse avec eux, elle leur accorde ce supplément qu’est l’humour. Les dialogues véhiculent la fantaisie, la dérision, une forme de recul qui accompagne la plupart des actes. Le grand pari était de faire ressortir la légèreté et la grâce de ce ton particulier dans un cadre rigoureux. L’humour est au cœur même du sujet.

 



 
CREDITS
Producteur JM compagnie
Réalisateur Didier Martiny
Scénario Yasmina Reza
Photo François Catonné
Montage Joëlle van Effenterre
Décor Jean Pierre Kohut Svelko
Casting Niels Arestrup, Michel Aumont, Stéphan Audran, Philippe Noiret, Judith Magre, Carole Bouquet, Johan Leysen
Durée 102 min
Distribution Films du Losange - Films Distribution