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Synopsis
Issue d'une
riche famille d'avocats de San Francisco, Harper Sloane doit intégrer
à la rentrée l'université de Harvard, section droit. Même si elle
n'est pas bien sûre de bien vouloir y aller, sa mère Deborah,
elle, en est persuadée. Au mariage de sa sœur aînée, Harper tombe
sous le charme de Cornelius - Connie - le photographe irlandais
du mariage qui a bien 30 ans de plus qu'elle. Tous les deux se
sentent loin de cet univers d'apparat et commencent à se lier
d'amitié autour d'une bouteille de champagne...
Critique
(pour)
Harper a-t-elle
trouvé son prince charmant ? Est-il ce photographe vieillissant,
Cornelius, ayant connu sa petite heure de gloire au temps des
hippies, Pygmalion fatigué donnant vie à des jeunes femmes en
quête d'identité, statues sublimes de ses vieux fantasmes photographiques
?...
A travers la relation passionnelle qui se noue entre eux, Harper
parvient à s'extraire - non sans douleurs - d'un environnement
familial étouffant pour accéder, par successifs paliers de "décompression",
à sa véritable conscience de femme et d'artiste. Mais cette libération
n'est pas sans contraintes, qui imposent à Harper de veiller sur
un Cornelius à la santé toujours plus chancelante, le vouant à
une inéluctable déchéance physique et mentale.
A contre-courant des conventions hollywoodiennes qui éludent les
questions de l'âge en amour, mais sans pathos excessif, Audrey
Wells nous guide, à la lumière d'une permanente mansuétude, vers
toutes les zones d'ombre d'un amour douloureux, au carrefour d'une
mort annoncée et d'une renaissance. Avec pudeur et grâce, Audrey
déroule lentement les fils que la tragédie noue autour de cet
amour, jusqu'à une ultime séquence renversante de beauté. Stephen
Rea prête ses traits fatigués et chaleureux à un personnage de
professeur-séducteur mis à nu dans toutes ses contradictions et
ses ambivalences, tandis que Sarah Polley irise de mille regards
lumineux la pâle copie de femme qu'elle souffrait d'être avant
de rencontrer son fragile mais providentiel libérateur.
Audrey Wells signe un film sensible, délicat, émouvant, pétri
d'humanité, justement récompensé par le prix du Jury au 25° Festival
de Deauville.
Critique
(contre)
Une jeune
fille riche menant une existence confortable et oisive au sein
de sa famille bourgeoise tombe amoureuse d'un ténébreux photographe,
beaucoup plus âgé qu'elle, qui l'initie à l'amour et à la vie
d'artiste. Ce Pygmalion improbable collectionne en fait les conquêtes
féminines qu'il métamorphose en artistes accomplies. Ses élèves,
qu'il renouvelle tous les cinq ans, il les appelle ses Guinevere.
On se demande comment une telle succession de clichés a pu valoir
à Audrey Wells, scénariste et réalisatrice du film, le prix du
scénario au festival de Sundance 1999 avant d'enlever à Deauville
le Prix du Jury. On se demande aussi comment un spectateur normalement
constitué peut croire au " charme " du terne Stephen Rea (un habitué
des films de Neil Jordan) bien peu à son aise dans un rôle caricatural.
Seule la belle et intriguante Sarah Polley (remarquée et remarquable
dans De beaux lendemains d'Atom Egoyan) présente
un intérêt dans ce film boursoufflé dont la mise en scène et le
scénario, notamment dans la scène finale, flirtent allègrement
avec la banalité quand ce n'est pas avec le ridicule ou le grotesque.
Yannis
POLINACCI
Infos
réalisatrice/scénariste
Audrey Wells commence sa
carrière comme journaliste à la radio et consultante pour différents
journaux. Elle obtient ensuite son diplôme de la réputée Université
UCLA dans la section " production de films ". Elle a écrit depuis
cette époque de nombreux scénarios dont celui de Michael Lehmann
" Entre chien et chat ". Guinevere est son premier
film en tant que réalisarice et scénariste. Il a obtenu le prix
du meilleur scénario au festival de Sundance 1999 et le prix du
jury Ex-aequo au festival de Deauville 99.
Infos
acteurs
L'actrice
canadienne Sarah Polley débute très jeune à la télévision, devenant
entre 1990 et 1996 la vedette de la série "Road to Avonlea."
De sa carrière cinématographique déjà riche et aux titres très
divers, on retiendra surtout les Aventures du Baron Münchhausen
de Terry Gilliam, Existenz de David Cronenberg,
Exotica et De
Beaux Lendemains (Grand Prix à Cannes
97) d'Atom Egoyan. Sarah Polley semble promise à un bel
avenir hollywoodien.
Stephen
Rea, comédien attitré de Neil Jordan (The Crying
Game) était membre du jury du dernier festival de Montréal
(le FFM).
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