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Critique
Esprit de
chapelle, es-tu là ?
L'esprit de chapelle, l'appartenance à un clan sont bien au centre
de la dernière production scénaristique du couple Agnès
Jaoui - Jean-Pierre Bacri (Les Jabac comme les surnomme
Alain Resnais pour qui ils ont écrit Smoking - No Smoking
et On connaît la chanson).
Sur le thème de " chacun est le con d'un autre ", les Jabac nous
entraînent dans deux milieux qui vont s'opposer puis se rencontrer
: l'entreprise (PME) et le théâtre. Jean-Pierre Bacri dans le
rôle d'un chef d'entreprise (Castella) en passe de signer un gros
contrat avec des iraniens et qui, pour l'occasion, doit engager,
un garde du corps en la personne de Gérard Lanvin, personnifie
au départ le beauf intégral et pas si caricatural que ça. Jusqu'au
jour où, par hasard, au théâtre qu'il ne fréquente pour ainsi
dire jamais, il reste sous le charme de la comédienne principale
de la pièce qui se trouve être aussi sa prof d'anglais.
L'un des charmes de ce film est qu'il tisse à merveille les relations
entre les personnages que l'on peut tous qualifier de personnages
principaux : Bacri, Lanvin et Chabat (le chauffeur de Bacri),
Jaoui (tenancière-dealeuse du bar où tous les personnages se retrouvent),
Anne Alvaro, grande comédienne de théâtre qui obtient ici son
premier rôle principal au cinéma, Christine Millet, parfaite dans
le rôle de la femme de Bacri, bourgeoise de province aux goûts
douteux et toute la bande des " théâtreux ", à commencer par Wladimir
Yordanoff en ami intéressé.
Tous les milieux dépeints dans ce film sont traités avec justesse
et talent non seulement dans les dialogues très efficaces mais
aussi dans la réalisation, signée par Agnès Jaoui, sans aucun
temps mort. Bien entendu, les moments comiques sont toujours aussi
savoureux et jouissifs.
Bref, encore une réussite pour le couple Jaoui-Bacri, qui devrait
réaliser de très bons scores à en croire les entrées en première
semaine (plus de 30 000 entrées Paris - périphérie).
Frédéric
LECONTE
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