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Dame
de Fer, Tour de Babel, symbole de Paris, hymne au monde moderne
ou monument le plus visité du monde, la Tour Eiffel a joué un
rôle important dans le cinéma depuis ses débuts.
Informations générales
sur la Tour Eiffel
Choisie
parmi 107 projets, la construction de la Tour Eiffel a été décidée
pour couronner l'Exposition Universelle de 1889. 50 ingénieurs
et dessinateurs ont exécuté les 5300 dessins et 132 ouvriers se
trouvaient sur le chantier. Les travaux sur cette structure de
300 mètres ont duré 2 ans, 2 mois et 5 jours et c'est le nom de
son concepteur, l'ingénieur Gustave Eiffel, qui lui fut donné.
La tour est montée comme un meccano géant. Les pièces sont entièrement
usinées aux ateliers Eiffel à Levallois, et rivetées sur place
: 2 500 000 rivets ont été utilisés pour assembler 18 038 pièces
de fer. Il n'y eut pas un seul accident mortel pendant la construction.
Le
monument fut inauguré le 31 mars 1889. Ce jour-là, Gustave Eiffel
gravit les 1710 marches de la Tour pour planter à son sommet le
drapeau tricolore. La Tour Eiffel est l'édifice le plus haut du
monde jusqu'en1929, date à laquelle se dresse l'immeuble Chrysler
(319m) à New York. Vingt ans après sa construction, elle fut sauvée
de la démolition par le lancement de la télégraphie sans fil.
Elle a abrité les premières expériences radiophoniques et a permis
les débuts de la télévision. Elle diffuse actuellement les programmes
de six chaînes de télévision et de huit chaînes de radio en modulation
de fréquence. La Tour a accueilli en cent ans plus de 150 millions
de visiteurs. (1)
Les Pionniers du
cinéma
Au même moment, Auguste-Marie et Louis-Jean Lumière faisaient
leurs premiers pas dans le développement de l'ingénierie cinématographique.
Six ans après l'inauguration de la Tour Eiffel, les Frères brevetaient
leur invention du Cinématographe, produisant 16 images par seconde.
C'est aussi en 1895 qu'ils ouvrirent la première salle de projection
à Paris pour exhiber leurs films. La Tour Eiffel fit, en 1897,
le haut de l'affiche dans l'œuvre célèbre des Frères Lumière Panorama
pendant l'ascension de la Tour Eiffel. Elle fut aussi filmée
par un autre pionnier du cinéma, Georges Méliès, dans Images
de l'exposition 1900.
"
Le cinéma et la Tour vont alors former un couple bien légitime
: tous deux issus de l'art mécanique, ils auront à voir avec l'architecture
(puisque le film par son montage est une fluide maçonnerie), rivetés,
l'un par ses boulons, l'autre par la collure pour un spectacle
à jamais permanent. " (2)
C'est
un peu plus tard que l'anti-héros criminel de romans fiction,
Fantomas, devint le maître de la Tour Eiffel lorsque Louis Feuillade
adapta le personnage au cinéma, dans une série de cinq films d'action
pendant les années 1913/1914, mettant en scène René Navarre. La
popularité internationale de ces épisodes eut grande influence
sur le marché du film de série américain.
La notoriété de
la Tour grandit avec l'avant-garde
A
l'approche de l'avant-garde, la Tour gagna en prestige lorsque
sa structure fut filmée par fragments, mettant ainsi en valeur
ses perspectives. Elle devint un nouveau symbole de modernité
et d'avancée technologique. En 1923, René Clair réalisa une fiction
de 35 minutes, Paris qui Dort, dans laquelle un scientifique
plongeait Paris dans le sommeil. Seule, une poignée d'hommes et
de femmes échappaient au sort en cherchant refuge dans les hauteurs
de la Tour Eiffel. L'endroit devenait alors pour eux un lieu mythique
et magique dans le ciel, y trouvant une sorte de protection maternelle.
Dans un court-métrage de 1928, La Tour, René Clair sublima
la structure du monument en explorant toutes les possibilités
de la caméra. D'aucun pourrait dire qu'il s'agissait d'une déclaration
d'amour faite à la Tour Eiffel.
Abel
Gance poussa également de manière très recherchée l'esthétisme
des structures de la Tour dans La fin du monde (1930),
pendant que Julien Duvivier intitulait en 1927 une nouvelle fiction
Les mystères de la Tour Eiffel.
Romance, élégance
et connotations de gastronomie française
Il
y eut aussi la "touche" de Lubitsch. Ernst Lubitsch, né à Berlin,
connut un succès phénoménal dans le Hollywood de la fin des années
vingt. En 1939, l'un des plus grands triomphes de sa carrière
fut Ninotchka. La camarade russe Ninotchka (Greta Garbo)
arrive en mission à Paris. En chemin vers la Tour Eiffel, elle
rencontre un français (Melvyn Douglas) avec lequel elle vivra
une aventure sentimentale qui prendra de plus en plus d'ampleur
à chaque étage franchi de la Tour.
Exceptée une vue panoramique en contre-plongée, filmée depuis
le site, les autres plans se déroulant à la Tour et dans Paris
furent réalisées en studio. La célèbre scène du cocktail associera
à jamais l'image du champagne à celle de la Tour Eiffel. Quelques
années plus tard, Billy Wilder, scénariste du film, expliquait
comment Hollywood adoptait l'enchaînement d'une bouteille de champagne
à la Tour Eiffel pour chaque scène se déroulant à Paris.
En
1942, dans Casablanca, Michael Curtiz raconte, une fois
de plus, une histoire romantique à Paris ; bien que visible une
seule fois en arrière plan, la Tour est encore présente.
Après la guerre
: le lieu du crime
Burgess
Meredith réalisa, en 1949 L'homme de la Tour Eiffel/ The man
on the Eiffel Tower, adaptation pour le cinéma d'un roman
policier de Simenon dans lequel Charles Laughton incarne le Commissaire
Maigret. Dans le film, le meurtre est commis à la Tour et l'enquête
ramène le commissaire à la recherche d'indices, sur le lieu du
crime. En 1951, Alec Guiness joue le rôle d'un timide employé
de banque dans la comédie De l'or en barres/The lavander hill
mob. Ce dernier imagine un plan parfait pour dérober un camion
rempli de lingots d'or et le transporter hors du pays, en transformant
le métal précieux en souvenirs de Tour Eiffel miniature destinés
aux touristes. Qui remarquera alors que la cargaison est en or
véritable ? Ce film réalisé par Charles Crichton, reçut un Oscar
pour la meilleure histoire et le meilleur scénario.
Truffaut et la Nouvelle
Vague
Très inscrite dans la culture de François Truffaut, la Tour Eiffel
était visible depuis deux appartements qu'il avait habités. On
dit aussi qu'il possédait une impressionnante collection de miniatures
du monument. Le film Les 400 Coups s'ouvre sur un plan
de la Tour, de même que dans A bout de souffle (premier
film de Jean-Luc Godard, pour lequel Truffaut apporta sa collaboration
à l'écriture du scénario). Les deux films furent projetés en 1960.
Bien
que la Tour n'apparaisse pas dans tous ses films, Truffaut l'intégra
parfois symboliquement dans l'affiche du film. Dans Baisers
volés et Le dernier métro, on aperçoit la Tour, assez
loin à l'horizon, tel un symbole identitaire incontournable. Alors
que la base de la Tour évoque des jambes de femme sur l'affiche
de L'homme qui aimait les femmes, la Tour prend des allures défensives
sur celle du film Vivement dimanche où l'on voit Fanny
Ardant armée d'une Tour Eiffel miniature.
En
1960, Louis Malle opta pour une approche burlesque et enfantine
du monument dans une courte scène de son film Zazie dans le
métro, où l'on voit la jeune Zazie dévaler quatre à quatre
les escaliers de la Tour, humanisant ainsi sa structure géométrique.
Et ainsi de suite...
De
la scène panoramique de la Tour dans Berlin Express de
Jacques Tourneur, aux Plus belles escroqueries du Monde(épisode
L'homme qui vendit la Tour Eiffel) de Claude Chabrol, ou
bien encore le suicide de Lino Ventura du haut de la Tour dans
Le Ruffian de José Giovanni, les cinéastes français ont
toujours donné un rôle prépondérant à la Tour Eiffel, du moins
symbolique.
Et même si Hollywood l'a recréée dans ses studios, la vraie Tour
a été néanmoins présente dans Tour Eiffel en otage (la
tentative d'otage de la mère du président des Etats-Unis), dans
le James Bond Dangereusement vôtre, ou encore Superman
II...
Qu'elle
soit féminine ou phallique, dramatique ou romantique, moderne
ou géométrique, touchant les cieux et Paris à ses pieds, la Tour
Eiffel a toujours eu un rôle ininterrompu dans la production cinématographique
de ce siècle.
Comment placer la
Tour dans votre film
Le
service de presse de la Tour Eiffel reçoit plus de 200 propositions
par an, photos, télévision, programmes, films et publicité confondus.
Beaucoup d'entre elles font la demande d'une utilisation symbolique
de la Tour en arrière-plan. Et seulement 2 ou 3 films par an nécessitent
un tournage sur le site lui-même. Les demandes diminuent au profit
d'une tendance croissante à se tourner vers les studios de création
numérique, ce qui fut le cas, par exemple, pour la réalisation
de la scène du saut à l'élastique depuis la Tour Eiffel, dans
Le loup-garou de Paris.
Dans l'absolu, la Tour Eiffel de jour fait partie du domaine public
et ne possède pas de droits cinématographiques. En revanche, de
nuit, lorsque la Tour est entièrement éclairée, les droits sont
réservés en France et aux Etats-Unis. Aucun paiement n'est exigé
lorsqu'il s'agit de promouvoir la Tour dans tout document lié
à l'information généraliste et quand un présentateur de télévision
choisit symboliquement le monument. Tel a été le cas lors de la
Coupe du Monde 1998.
Un
honoraire quotidien de 25 000 Francs est demandé pour toute scène
d'un film de fiction tournée sur le site. Une somme identique
est demandée pour une seule apparition de la Tour Eiffel, de nuit,
en décor de fond. Pour les films tournés sur le site il faut ajouter
des frais techniques : sécurité, ascenseur privé (6000 Francs),
branchements électriques (3500 Francs), et l'éclairage de la Tour
en dehors des heures usuelles (20 000 Francs).
Toutes
les demandes doivent étre envoyées au service de documentation
de la :
Société Nouvelle d'Exploitation
de la Tour Eiffel (S.N.T.E.)
Champ de Mars
75007 Paris,
France
Tel: (33) 01
44 11 23 99
Fax: (33) 01
44 11 23 98
E-mail: courrier@tour-eiffel.fr
Web: www.tour-eiffel.fr
Traduit de l'anglais
par Isabelle Miot
(1) Extraits de fiches
documentaires de la Société Nouvelle d'Exploitation de la Tour
Eiffel (SNTE) 1995
(2) Les
"Ecoles de la Tour" par Jacques Stiévenard
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