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Un flic arrive
dans un petit village enneigé du nord de la Norvège pour enquêter
sur le meurtre d'un homme qui fait suite au viol et à l'assassinat
d'une jeune trisomique quelques semaines plus tôt. Il apparaît
très vite que toute la communauté a fondé une sombre milice, qu'ils
appellent les anges, chargée d'éliminer les suspects de cet horrible
crime, dont le jeune homme faisait partie, ainsi que toute sa
famille marginalisée depuis des années.
La neige tombe,
les images brumeuses se succèdent, le rythme est lent comme si
le temps s'était arrêté. Pourtant derrière cette façade tranquille
se cache un film dur, violent et controversé qui a été sujet à
polémique dans son pays d'origine : la Norvège. Présenté au festival
de Paris, où il a obtenu une mention spéciale du jury et à Cognac
dans la section Sang Neuf, 1732 Hoten (ou Bloody
Angels) est un électrochoc glacial. Le film de Karin Julsrud
étudie avec un tranchant clinique un phénomène de violence insoutenable
et s'interroge sur la place de la justice et de la répression
face à certains crimes atroces. Ce faisant, Bloody Angels
dépasse le questionnement social pour accéder à une représentation
du mal ontologique. A la fois éprouvant et captivant, le film
est porté par des comédiens remarquables, parmi lesquels Reidar
Sorensen dans le rôle du flic, et transcendé par une mise en scène
aussi précise qu'opaque, aussi clinique que vaporeuse, comme un
mélange des univers d'Atom Egoyan et de Michaël Hanecke.
Yannis
Polinacci
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