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Portrait
d'Irene Papas
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Ne
lui dites pas cela, vous risqueriez de la fâcher, mais Irene Papas
est un symbole du cinéma grec, une véritable incarnation de la
poésie antique. Son physique de tragédienne, forgée dans son Péloponnèse
natal, a inspiré bien des metteurs en scène et fasciné bien des
spectateurs. Mais avant d'être associée à Antnony Quinn dans l'inoubliable
Zorba le Grec, elle débute dans le théâtre de manière
fort brillante. Mais sa voix chaude de contralto est très tôt
appelée à se faire entendre dans les salles de cinéma, où elle
se fait remarquée dès 1948, à l'âge de 22 ans dans le mélo de
Nikos Tsifiros Anges Perdus. Elle tourne ensuite dans plusieurs
films grecs mais c'est sa collaboration avec le réalisateur Michael
Cacoyannis qui lui vaudra tous les honneurs. Le cinéaste la dirigera
dans une série de tragédies (Electre en 1962, Les
Troyennes en 1971 et Iphigénie en 1977),
où elle se montre sublime et impose sa pureté, son âpreté et son
authenticité, et bien sûr dans Zorba le Grec en
1964.
Les
portes d'une carrière internationale lui sont alors grandes ouvertes
et Irene Papas tournera ensuite dans une multitude de pays différents
avec des réalisateurs aussi variés que Jack Lee Thompson (pour
les Canons de Navarone en 1961), Costa-Gavras (Z
en 1969), Francesco Rosi (Le Christ s'est arrêté
à Eboli,1978, Chronique d'une Mort annoncée,
1986), Ricardo Freda, Ruy Guerra, John Landis ou plus récemment
le portugais Manoel de Oliveira. Elle donnera ainsi la réplique
à Anthony Quinn donc (dans neuf films), Katherine Hepburn, Yves
Montand, Michel Piccoli entre autres. Son aura en Grèce est celle
d'une diva et si, à l'inverse de l'autre grande actrice grecque
Mélina Mercouri, elle ne s'engage pas en politique, elle n'hésite
néanmoins pas à exprimer haut et fort ses idées notamment lors
de la sombre période de la Dictature des Colonels. Femme franche,
intègre, belle dans son âpreté et littéralement charmante comme
une muse ou une déesse, Irene Papas n'est pas vraiment une star,
statut qui ne lui convient guère, mais, en Grèce comme partout
dans le monde, elle est certainement un mythe.
FilmFestivals.com
reporter
Yannis Polinacci
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