Festival du film de femmes de Créteil - - Du 24 mars au 2 avril

Portrait d'Irene Papas

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Ne lui dites pas cela, vous risqueriez de la fâcher, mais Irene Papas est un symbole du cinéma grec, une véritable incarnation de la poésie antique. Son physique de tragédienne, forgée dans son Péloponnèse natal, a inspiré bien des metteurs en scène et fasciné bien des spectateurs. Mais avant d'être associée à Antnony Quinn dans l'inoubliable Zorba le Grec, elle débute dans le théâtre de manière fort brillante. Mais sa voix chaude de contralto est très tôt appelée à se faire entendre dans les salles de cinéma, où elle se fait remarquée dès 1948, à l'âge de 22 ans dans le mélo de Nikos Tsifiros Anges Perdus. Elle tourne ensuite dans plusieurs films grecs mais c'est sa collaboration avec le réalisateur Michael Cacoyannis qui lui vaudra tous les honneurs. Le cinéaste la dirigera dans une série de tragédies (Electre en 1962, Les Troyennes en 1971 et Iphigénie en 1977), où elle se montre sublime et impose sa pureté, son âpreté et son authenticité, et bien sûr dans Zorba le Grec en 1964.

Les portes d'une carrière internationale lui sont alors grandes ouvertes et Irene Papas tournera ensuite dans une multitude de pays différents avec des réalisateurs aussi variés que Jack Lee Thompson (pour les Canons de Navarone en 1961), Costa-Gavras (Z en 1969), Francesco Rosi (Le Christ s'est arrêté à Eboli,1978, Chronique d'une Mort annoncée, 1986), Ricardo Freda, Ruy Guerra, John Landis ou plus récemment le portugais Manoel de Oliveira. Elle donnera ainsi la réplique à Anthony Quinn donc (dans neuf films), Katherine Hepburn, Yves Montand, Michel Piccoli entre autres. Son aura en Grèce est celle d'une diva et si, à l'inverse de l'autre grande actrice grecque Mélina Mercouri, elle ne s'engage pas en politique, elle n'hésite néanmoins pas à exprimer haut et fort ses idées notamment lors de la sombre période de la Dictature des Colonels. Femme franche, intègre, belle dans son âpreté et littéralement charmante comme une muse ou une déesse, Irene Papas n'est pas vraiment une star, statut qui ne lui convient guère, mais, en Grèce comme partout dans le monde, elle est certainement un mythe.

FilmFestivals.com reporter
Yannis Polinacci

Creteil