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Compte
Rendu
C'est
avec le couronnement attendu de Henry Bean et de son film The
Believer, que s'est terminé le Festival de Sundance 2001
samedi dernier. Accompagné de la meilleure rumeur depuis
sa première projection le cinquième jour du festival,
The Believer traite d'un sujet brûlant et raconte l'incroyable
histoire d'un jeune juif Orthodoxe dans les années 60 qui,
par désoeuvrement et rejet de lui-même, s'engage dans
un groupe de néo-nazis dans le but de tuer ses semblables.
Thriller inquiétant, parabole étonnante, le film est
porté par un jeune acteur canadien de 19 ans nommé
Ryan Gosling. Tout le monde a commencé à s'agiter
autour du film lorsqu'un journaliste du New York Times a
fait du comédien le héros de ce festival 2001, la
révélation à ne pas rater. Dès lors,
des demandes d'interviews ont afflué de toutes part sans
trouver de réponse : la nouvelle star avait déjà
quitté la ville (non sans s'être confié à
la caméra de Filmfestivals.com).
Tout
aussi attendu fut le sacre de Hedwig and the Angry Inch de
John Cameron Mitchell. Pour son premier film, le comédien
travesti roi de Broadway a adapté un des spectacles à
succès en reprenant le rôle de la diva drag et glamour
Hedwig qu'il tenait sur les planches. Saluée comme un film
culte par les journalistes, auxquels elle rappelle le kitchissime
Tommy de Ken Russell, cette comédie musicale déjantée
a séduit à la fois le public, qui lui a décerné
son prix, et le jury qui a désigné John Cameron Mitchell
meilleur réalisateur de fiction. Et, selon les observateurs,
ce n'est que le début de l'engouement que pourrait susciter
le film dans les mois à venir.
Côté
documentaire, le grand gagnant est Southern Comfort de Kate
Davis, grand prix, qui devance Dogtown and Z-Boys de Stacy
Peralta et Scouts Honor de Tom Shepard, prix du public ex-aequo.
Mais ces trois films se sont faits voler la vedette par un autre
film présenté hors compétition dans la section
"American Spectrum" : Raw Deal : A Question of Consent
de Billy Corben qui décrit le viol d'une jeune femme dans
une université de Floride. Strip-teaseuse âgée
de 27 ans, Lisa Gier King porte plainte pour viol après une
performance à la confrérie Delta Chi sur le campus
de l'Université de Floride. Mais la controverse ne tarde
pas à naître lorsque King elle-même est arrêtée
pour falsification de document et qu'un enregistrement vidéo
du drame est rendu public. Cette aura de scandale, le film la porte
également en lui puisqu'il réutilise la vidéo
originale. Mais loin de l'exploiter à des buts spectaculaires,
loin d'essayer de démonter la réalité des faits,
Bill Corben s'applique surtout à pointer l'attitude déplorable
des jeunes universitaires de la confrérie, ces "élites
de la nation" destinées tenir les rênes de l'Amérique
de demain, et dénonce la manière dont aujourd'hui
encore la valeur d'un être humain est assujettie à
son statut social.
Devant
justifier de sa réputation, toujours remise en doute par
les festivaliers, de découvreur de talent, le Festival de
Sundance récompense également les courts métrages
de jeunes auteurs indépendants appelés, pourquoi pas,
à revenir au festival avec un long métrage plus tard.
Ignorant le superbe The Good Things, tourné à
contre courant de la mode dv en 35 mm et Cinemascope par celui que
le public surnomme "l'Antonioni du Kansas", le jury a
préféré distinguer Gina, An Actress, Age
29, de Paul Harrill Honorable de son grand prix et attribuer
pas moins de cinq mentions spéciales, notamment à
Zen and the Art of Landscaping de David Kartch, film déjà
présenté dans de nombreux festivals internationaux.
Et
c'est avec cette cérémonie que s'est achevée
cette nouvelle édition de Sundance, rendant ainsi aux nuits
de Park City leur calme propre aux nuits de coton, celle où
la neige n'est plus souillée par les fondus de cinoche, les
requins d'Hollywood et les amateurs de parties nocturnes
qui font le quotidien de la manifestation depuis 15 ans.
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