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22ème Festival International de Cinéma Méditerranéen Montpellier
27 octobre - 5 novembre 2000

Regard sur la Compétition

Bonne nouvelle pour les festivaliers cette année, la compétition du Festival s'est élargie.

La preuve et l'assurance qu'il existe bel et bien un pôle vivant du cinéma au sud de l'Europe.

On passera rapidement sur le premier film français de cette compétition, Meet the baltringues, premier long-métrage de François Gérard. L'abus de la musique, les dialogues trop souvent criés ainsi qu'une tendance à sombrer sans retenue dans le mélo un peu trop appuyé font de ce film un premier essai un peu brouillon et pas très bien maîtrisé.

Retour en force du Cinéma Grec :

On notera davantage le retour en force du cinéma grec dont on peut découvrir cette année Le vélo jaune canari, de Dimitris Stavrakas, et Peppermint, de Costas Kapakas (1999).

Premier long-métrage du réalisateur, qui a fait ses premières armes dans l'animation, après cinq court-métrages, Peppermint est un voyage à rebours. Lorsque son meilleur ami ressurgit du passé, Stéfanos, ingénieur en aéronautique, se remémore ses années d'enfance. Sa première dent de lait, la maison familiale, sa cousine Marina …

Le charme de Peppermint est sa simplicité, une forme d'innocence, de candeur. Il effeuille les souvenirs d'enfance, les images les plus simples. La nostalgie affleure vite, éternel constat du temps qui passe, trop vite. Le passé a le goût des bonbons à la menthe que l'on avait dans la poche du pantalon en allant à l'école.

Voyage dans le temps, Peppermint est également un voyage dans la Grèce des années soixante à nos jours. Parti pris du réalisateur, bien qu'un peu frustrant pour le spectateur, Kapakas ne dit mot sur les événements politiques entre 67 et 74. Coupure entre le social et l'intime. Choix délibéré. Le film se concentre sur la cellule familiale de Stéfanos, sur son histoire d'amour impossible avec Marina.

Un premier film doucement mélancolique.

Tomando Te et Iris

Tomando te, d'Isabel Gardela (Espagne) et Iris, de l'italien Aurelio Grimaldi font souffler un brin de fraîcheur sur le Festival.

Dans le premier long-métrage de la jeune ibère, Gabi est une jeune écrivain de trente ans qui vient de publier son premier livre, entre érotisme, sexe et drogues : un ouvrage très autobiographique. Elle rencontre Jalil, un jeune hindou musulman, qui travaille chez un fleuriste. Une histoire naît entre eux, jusqu'à ce que leurs différences culturelles et religieuses deviennent une entrave à l'amour.

Grâce au choix de la comédie légère, Isabel Gardela évite l'écueil du didactisme et des clichés moralisateurs. Les personnages de Gabi et Jalil sont abordés avec humour, évitant ainsi à la réalisatrice de prendre parti et de faire passer un message de tolérance qui se serait probablement avéré peu digeste.

Aurelio Grimaldi, lui, n'en est pas à son premier coup d'essai. Auteurs de plusieurs romans et de différents scénari, Iris est son quatrième film.

Maria, sept ans, cherche par tous les moyens à offrir un bouquet d'iris bleues à sa mère pour son anniversaire …

Sur cette embryonnaire idée de scénario, Grimaldi nous entraîne pourtant dans un véritable road-movie acharné, sur quelques kilomètres ! Décor planté au beau milieu de la Méditerranée, sur un petite île près de la Sicile, galerie de personnages truculents comme il se doit, Iris à le charme du sud de l'Italie, de son soleil et de ses paysages.

Coup de chapeau à la sélection de courts-métrages (en et hors compétition).

Clan Destin, de Abdel Hamid (Algérie-France) ou comment franchir le mur de la mer, d'Oran à Marseille. Sans pathos ni misérabilisme, le film pose son propos, pourtant douloureux, sur les algériens qui fuient vers la France.

Belle livraison espagnole avec En mauvaise compagnie, d'Antonio Hens et Le travail d'Igor Legarreta. Le premier met en scène un tueur à gages retiré du marché à qui l'on veut confier un nouveau contrat. C'est bref, pointu et très maîtrisé … beau travail! Le second aborde sans complexe ni tabou les errances d'un jeune espagnol dans ses rencontres sexuelles furtives dans les toilettes publiques. En mauvaise compagnie ou l'homosexualité qui a oublié la douleur, mais pas l'humour.

Enfin, le très fort Triple saut (Slovénie) de Srdjan Vuletic qui, entre les JO de Sarajevo et la guerre, quelques années plus tard, explore sans complaisance la dislocation des liens entre serbes et croates, frères ennemis séparés … à jamais ?

La Méditerranée des conflits

Si le 22ème festival de Montpellier a su rendre compte de la richesse et de la diversité d'un " autre cinéma ", il aura également permis de montrer, à l'image de l'actualité, que la Méditerranée est également le théâtre malheureux de biens de conflits. L'ombre de la ville, de Jean Chamoun (Liban) conte ainsi l'histoire de Rami, un jeune libanais fuyant le sud de son pays, occupé et en guerre. A Beyrouth, avec sa famille, il trouvera la guerre civile et les affrontements entre factions rivales d'un même peuple. Pendant documentaire de L'ombre de la ville, Seule avec la guerre de la jeune réalisatrice libanaise Danielle Arbid. Cette guerre qui s'est arrêtée, un jour, comme ça, après avoir contaminé la vie des libanais. Danielle Arbid filme le vide laissé par la fin des affrontements, les fantômes d'un passé récent. Sky hook ,du réalisateur yougoslave Ljubisa Samardzic, explore de l'intérieur la situation douloureuse des familles serbes pendant les bombardements de l'OTAN, en mai 1999.

David Dibilio

 

 

Pepermint

Pepermint
Tornando Te

Iris

Clan Destin


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