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Regard
sur la Compétition
Bonne nouvelle pour les festivaliers cette année, la compétition
du Festival s'est élargie.
La preuve et l'assurance qu'il existe bel et bien un pôle vivant
du cinéma au sud de l'Europe.
On passera rapidement sur le premier film français de cette compétition,
Meet the baltringues, premier long-métrage de François Gérard.
L'abus de la musique, les dialogues trop souvent criés ainsi qu'une
tendance à sombrer sans retenue dans le mélo un peu trop appuyé
font de ce film un premier essai un peu brouillon et pas très bien
maîtrisé.
Retour en force du Cinéma Grec :
On
notera davantage le retour en force du cinéma grec dont on peut
découvrir cette année Le vélo jaune canari, de Dimitris Stavrakas,
et Peppermint, de Costas Kapakas (1999).
Premier long-métrage du réalisateur, qui a fait ses premières armes
dans l'animation, après cinq court-métrages, Peppermint est
un voyage à rebours. Lorsque son meilleur ami ressurgit du passé,
Stéfanos, ingénieur en aéronautique, se remémore ses années d'enfance.
Sa première dent de lait, la maison familiale, sa cousine Marina
…
Le charme de Peppermint est sa simplicité, une forme d'innocence,
de candeur. Il effeuille les souvenirs d'enfance, les images les
plus simples. La nostalgie affleure vite, éternel constat du temps
qui passe, trop vite. Le passé a le goût des bonbons à la menthe
que l'on avait dans la poche du pantalon en allant à l'école.
Voyage dans le temps, Peppermint est également un voyage
dans la Grèce des années soixante à nos jours. Parti pris du réalisateur,
bien qu'un peu frustrant pour le spectateur, Kapakas ne dit mot
sur les événements politiques entre 67 et 74. Coupure entre le social
et l'intime. Choix délibéré. Le film se concentre sur la cellule
familiale de Stéfanos, sur son histoire d'amour impossible avec
Marina.
Un premier film doucement mélancolique.
Tomando
Te et Iris
Tomando te, d'Isabel Gardela (Espagne) et Iris, de
l'italien Aurelio Grimaldi font souffler un brin de fraîcheur sur
le Festival.
Dans le premier long-métrage de la jeune ibère, Gabi est une jeune
écrivain de trente ans qui vient de publier son premier livre, entre
érotisme, sexe et drogues : un ouvrage très autobiographique. Elle
rencontre Jalil, un jeune hindou musulman, qui travaille chez un
fleuriste. Une histoire naît entre eux, jusqu'à ce que leurs différences
culturelles et religieuses deviennent une entrave à l'amour.
Grâce au choix de la comédie légère, Isabel Gardela évite l'écueil
du didactisme et des clichés moralisateurs. Les personnages de Gabi
et Jalil sont abordés avec humour, évitant ainsi à la réalisatrice
de prendre parti et de faire passer un message de tolérance qui
se serait probablement avéré peu digeste.
Aurelio Grimaldi, lui, n'en est pas à son premier coup d'essai.
Auteurs de plusieurs romans et de différents scénari, Iris est son
quatrième film.
Maria, sept ans, cherche par tous les moyens à offrir un bouquet
d'iris bleues à sa mère pour son anniversaire …
Sur cette embryonnaire idée de scénario, Grimaldi nous entraîne
pourtant dans un véritable road-movie acharné, sur quelques kilomètres
! Décor planté au beau milieu de la Méditerranée, sur un petite
île près de la Sicile, galerie de personnages truculents comme il
se doit, Iris à le charme du sud de l'Italie, de son soleil et de
ses paysages.
Coup de chapeau à la sélection de courts-métrages (en et hors
compétition).
Clan Destin, de Abdel Hamid (Algérie-France) ou comment franchir
le mur de la mer, d'Oran à Marseille. Sans pathos ni misérabilisme,
le film pose son propos, pourtant douloureux, sur les algériens
qui fuient vers la France.
Belle livraison espagnole avec En mauvaise compagnie, d'Antonio
Hens et Le travail d'Igor Legarreta. Le premier met en scène
un tueur à gages retiré du marché à qui l'on veut confier un nouveau
contrat. C'est bref, pointu et très maîtrisé … beau travail! Le
second aborde sans complexe ni tabou les errances d'un jeune espagnol
dans ses rencontres sexuelles furtives dans les toilettes publiques.
En mauvaise compagnie ou l'homosexualité qui a oublié la douleur,
mais pas l'humour.
Enfin, le très fort Triple saut (Slovénie) de Srdjan Vuletic
qui, entre les JO de Sarajevo et la guerre, quelques années plus
tard, explore sans complaisance la dislocation des liens entre serbes
et croates, frères ennemis séparés … à jamais ?
La
Méditerranée des conflits
Si
le 22ème festival de Montpellier a su rendre compte de la richesse
et de la diversité d'un " autre cinéma ", il aura également permis
de montrer, à l'image de l'actualité, que la Méditerranée est également
le théâtre malheureux de biens de conflits. L'ombre de la ville,
de Jean Chamoun (Liban) conte ainsi l'histoire de Rami, un jeune
libanais fuyant le sud de son pays, occupé et en guerre. A Beyrouth,
avec sa famille, il trouvera la guerre civile et les affrontements
entre factions rivales d'un même peuple. Pendant documentaire de
L'ombre de la ville, Seule avec la guerre de la jeune
réalisatrice libanaise Danielle Arbid. Cette guerre qui s'est arrêtée,
un jour, comme ça, après avoir contaminé la vie des libanais. Danielle
Arbid filme le vide laissé par la fin des affrontements, les fantômes
d'un passé récent. Sky hook ,du réalisateur yougoslave Ljubisa
Samardzic, explore de l'intérieur la situation douloureuse des familles
serbes pendant les bombardements de l'OTAN, en mai 1999.
David
Dibilio
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