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12ème Festival Cinématographique d'automne de Gardanne
du 27 Octobre au 7 Novembre

Ouverture tranquille ?

Encore une fois cette année, le festival de Gardanne est victime (dans le bon sens) de son succès au vu du nombre de personnes malheureusement refusées à l'entrée de la grande salle du cinéma Trois Casino. Le public s'étaient en effet déplacé en nombre pour assister à la présentation du dernier film de Robert Guédiguian, La ville est tranquille.

Attendu depuis plusieurs année dans la cité minière, Robert Guédiguian a enfin fait honneur au public de sa présence, accompagné de Gérard Meylan, présent à plusieurs reprises aux différentes ouvertures du festival lorsqu'un film de son réalisateur de prédilection y était présenté et Malek Hamzaoui, producteur et directeur de production de la plupart des films du metteur en scène Estaquais (ndlr : originaire de l'Estaque, arrondissement -le 16ème !- de Marseille, cher notamment à tous les amoureux du réalisateur).

Tout le monde s'est ensuite retrouvé tout d'abord au débat en compagnie des invités pour ensuite aller déguster le traditionnel et néanmoins très agréable cocktail de bienvenue.

Une ouverture qui augure bien de la suite du festival et de la suite de la compétition puisque La ville est tranquille était le premier film en lice pour le prix du public.

Entretien avec Robert Guédiguian

Quelle sorte d'expérience représente le fait de tourner deux films en continuité?

Robert Guédiguian: Le fait d'avoir fait deux films, A l'Attaque! et La Ville est Tranquille, à trois semaines d'intervalle, a été une expérience très intéressante. On avait commencé à écrire le scénario de La Ville est Tranquille. Etrangement Jean Louis Milési, mon coscénariste habituel, et moi, avons trouvé que l'écriture de ce film allait trop vite. Donc on s'est remis à penser à une autre histoire et le processus d'écriture s'est là aussi déroulé très rapidement. De fil en aiguille, on s'est retrouvés à écrire deux histoires, l'une extrêmement drôle et l'autre noire. Et ça nous a excité, et je pense que ça a extrémisé les deux récits et les tournages. Le fait d'avoir fait un premier film très stylisé, typé, optimiste, très haut en couleurs, où l'on montre le réel tel qu'il pourrait être, ou tel qu'on aurait tous envie qu'il soit, c'est à dire avec des possibilités de changer le monde, d'actions collectives, etc., avec un contenu formel jubilatoire dont les formes ressortissent à la culture populaire, l'opéra, le guignol, la commedia dell'arte nous a probablement encouragé à faire l'opposé, La Ville est Tranquille, où l'on montre le monde tel qu'il est - bien que je pense que le monde soit des deux côtés, il faut réunir les deux films pour avoir une vision un peu plus exhaustive. Ce second film était aussi très intéressant d'un point de vue formel, pour tous les techniciens et les acteurs qui l'ont fait, il s'agissait de travailler sur le registre inverse, faire le contraire de la stylisation, imaginer que ces personnages existaient et quasiment faire un documentaire sur eux. On faisait donc un grand écart sur ce qu'est le cinéma, l'illusion totale ou la coïncidence totale avec le réel, et aussi la façon de parler du monde, soit en étant optimiste, du côté de la volonté, soit en étant dans le constat, forcément du côté de quelque chose de pessimiste et de l'intelligence - pour reprendre ma formule, "optimisme de l'intelligence et pessimisme de la volonté".

Dans votre prochain film vous représenterez peut-être le monde la fois tel qu'il est et tel que vous voudriez qu'il soit...

Non, justement, je crois qu'il faut être excessif , prendre un registre et aller jusqu'au bout de ce registre-là. Il faut faire des films qui ne soient pas nuancés, qui ne mélangent pas les deux aspects, il faut faire des tragédies ou des comédies, mais pas faire des tragicomédies, je pense que ce n'est pas bien.

La musique a vraiment un rôle important dans ce film...

Il est vrai qu'elle a un rôle très particulier à l'intérieur du film, un rôle un peu plus dramaturgique que les autres fois, et il s'avère qu'elle se situe un peu plus du côté des choses positives. Les comportements les plus positifs sont du côté de gens qui, comme par hasard mais ce n'est pas un hasard, s'occupent ou se préoccupent de musique. Peut-être parce qu'il y a dans ce film une recherche d'harmonie et de beauté qui est assez désorientée. Les trois personnages qui sont la professeur de musique, le jeune sorti de prison, et le gamin qui joue du piano et qui réussit au fil du film à se payer un piano en jouant tous les dimanches, sont donc les trois personnages les plus positifs du film. Ce sont les "notes" les plus belles du film.

suite de l'interview



le cinéma 3 Casino

la Ville est tranquille

Robert Guediguian

Robert Guediguian


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