Découvrez un Festival
Notre Sélection
Choix par pays, mois
Festivals du mois, de la semaine
Affiches
Toronto - Deauville
Cannes - Oscars - Berlin
Archives
Découvrez un Film
Notre Sélection
Choix par pays, année
Gallerie
Toronto - Deauville
Cannes - Oscars - Berlin
Newsletter
Recherche
Liens

 

Placard doré

Le chemin de Francis Veber dans le cinéma français est unique, exemplaire, et mérite qu'on s'y arrête. Pas seulement parce qu'il est constellé de succès qui ont crevé souvent le plafond du box-office (Le Dîner de Cons a dépassé les dix millions d'entrées) mais aussi parce que si certains films peuvent être oubliés (il y en a très peu), beaucoup sont de vrais bijoux, dépassant largement le cadre de la comédie banale pour offrir un vrai regard de moraliste sur les hommes, la société, et leurs travers. La sortie du Placard le confirme : cette comédie fine et subtile est la plus brillante satire qu'on ait vu chez nous depuis des lustres sur le monde du travail, la férocité des rapports hiérarchiques, le politiquement correct. Après la visite impromptue du contrôleur fiscal devenu héros malgré lui d'un "dîner de cons", Le Placard gratte encore plus là où ça fait mal, tout en déclenchant rires et émotion : c'est un grand bonheur.

Oui, il y a certainement du Molière chez le petit neveu de Tristan Bernard qui a commencé sa carrière comme journaliste à Radio-Luxembourg avant de bifurquer vers l'écriture, le théâtre et le scénario. Il signe d'abord L'emmerdeur, Le Grand Blond avec une chaussure noire, Le magnifique, puis l'adaptation de La Cage aux Folles.Il passe à la réalisation avec Le Jouet en 1976 suivi bientôt d'une trilogie restée célèbre, La Chèvre, Les Compères et les Fugitifs.

Devant un tel succès, Hollywood l'appelle et fait retentir ses sirènes pour adapter ses films au moule américain, notamment une nouvelle version des Fugitifs. Même dans une très belle maison à Malibu, on peut s'ennuyer, et l'exil doré va très vite peser sur les épaules de Francis Veber qui écrit là-bas sa future pièce, Le Dîner de Cons avant de réintégrer sa douillette maison de Neuilly et le pays de France qui lui semble mieux convenir à son esprit, à son travail, à sa liberté d'auteur.

Cette triomphale rentrée française le prouve : et Le Placard ne peut que combler le grand public comme les spectateurs les plus exigeants. On retrouve évidemment le protéiforme François Pignon, véritable double du cinéaste, exprimant ses angoisses et ses doutes face au reste d'un monde hostile et fourbe. Cette fois, notre ami Pignon n'est plus un agent du fisc mais le modeste comptable d'une société de caoutchouc de la région parisienne qui s'apprête à faire une "charrette". Et Pignon apprend du côté de la machine à café qu'il est sur la liste. Un ami et voisin lui glisse un conseil avisé : dites que vous êtes homo et ils ne vous toucheront plus ! Aussitôt dit, aussitôt fait : la rumeur court l'entreprise et monte jusqu'au PDG. Pignon est homo, on ne peut plus le virer, ça ne se fait pas…Une nouvelle vie commence, face aux voisins de bureau, face à l'ex-femme, face à tous les autres.L'homo qui ne l'est pas doit apprendre à vivre avec sa nouvelle image…

Ecrit et réalisé au rasoir, filmé et joué avec une précision diabolique, Le Placard est un régal d'écriture et donc d'interprétation pour une pléiade d'acteurs qui n'ont jamais été aussi bons. C'est Daniel Auteuil qui roule ses grands yeux ronds à la cantine du bureau face à tous les " vrais " hommes qui le regardent de travers depuis qu'on sait "qu'il en est …". C'est son copain Gérard Depardieu, le Directeur des Ressources Humaines, qui d'un seul coup, le regarde autrement, et se demande si par hasard, lui aussi… Depardieu joue ici son meilleur rôle depuis longtemps. Et il y a tous les autres, Rochefort, Lhermitte, Michel Aumont, et du côté des femmes, une Michèle Laroque formidable, comme la petite secrétaire " salope ", l'excellente Armelle Deutsch.

Ce Placard est un régal, du grand art. Une comédie intelligente comme on en fait peu.

Michel PASCAL

coups de coeur précédents :
Mortel Transfert
Dr T et les Femmes, La Saison des Hommes
Chicken Run, Billy Elliot
Escrocs mais pas trop
Girlfight
Charlie et ses Drôles de Dames
Infidèle

In The Mood for Love
The Yards
La Route d'Eldorado
Dancer in the Dark
Au Nom d'Anna
Bread and Roses
La Captive, Woman on Top, Virgin Suicides


Le Placard

Le Placard

Le Placard

Le Placard


> Ajoutez à vos favoris > A notre propos > Annoncez
>
Recrutement > Conditions d'utilisation > Contactez nous