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Le
dernier coup de cœur de l'année sera double et il sera deux fois
britannique.
Dans l'ordre chronologique des sorties, saluons d'abord le nouvel
opus de Peter Lord et Nick Park, le somptueux Chicken Run
(en salles le 13 décembre) mélange incroyable de pâte à modeler
et de génie à l'état pur, façon Tex Avery. Cette grande évasion
dans une basse-cour d'outre-manche a reçu la bénédiction de plusieurs
co-producteurs étrangers pour permettre aux deux fous furieux qui
l'ont pondue d'avoir les moyens de signer leur premier long-métrage
avoir avoir sévi dans le court et le moyen métrage, au sein de leur
célèbre studio Aardman. Les parrains s'appellent donc Jeffrey Katzenberg
pour DreamWorks Animation et Jérôme Seydoux, et Paul Rassam pour
la part française du financement et de la distribution. Le résultat
est époustouflant de virtuosité, d'humour, de tendresse et d'invention
délirante.
Une poule qui creuse le sol, des fils de fer barbelés, une fermière
qui a des airs de nazi dans un stalag, une balle de base ball et
un cagibi pour les récalcitrants : toute ressemblance avec un certain
Steve Mc Queen n'est pas fortuite, et la séquence d'introduction
nous met déjà d'une humeur de rêve par son rythme, ses cadrages,
ses lumières, sa mise en scène : je vous défie de vous souvenir
au bout d'une minute qu'il s'agit là de pâte à modeler tellement
ces bestiaux nous font passer par tous les états, du rire à l'émotion.
On est baba d'admiration à chaque séquence, quel que soit son âge.
Les petits vont se prendre un pied d'enfer, et les adultes s'amuseront
à découvrir les mille et une références cinéphiliques que nos amis
ont glissées un peu partout. Bref tout le monde est content, ce
n'est plus de l'animation, c'est du grand art, et ces poulets là
doivent être absolument au rendez-vous de votre réveillon…C'est
un vrai cadeau du Père Noël.
Quand au second coup de cœur, il ressemble à un conte à la Dickens.
Billy
Elliot, premier film de Stephen Daldry (sortie le 20 décembre)
s'inscrit dans la veine du grand renouveau britannique, dans la
foulée de Full Monty et des Virtuoses. Avec cet art
inégalable qu'ont les cinéastes formés à l'école de Londres, il
mêle le social et l'intime avec un dosage d'une subtilité rare.
L' histoire se passe dans l'Angleterre plutôt rude des années Thatcher,
quand les mineurs et la police s'affrontaient un peu partout dans
les villes industrielles du pays. Le petit Billy n'a pas la vie
très rose : sa maman est morte, son père et son frère sont grévistes,
il n'y a pas beaucoup d'argent à la maison, et la mamie à garder
qui bat un peu la campagne…Son seul moment de bonheur est d'aller
chaque semaine au gymnase du coin prendre un cours de boxe. Quand
soudain, il découvre que dans la pièce à côté on donne des cours
de danse… Et là, les souvenirs de musique et les cours de piano
que sa mère lui donnait lui reviennent. Billy va découvrir sa vraie
vocation. Il sera danseur quoiqu'il arrive…
Pudique, bouleversant, admirablement écrit et mis en scène, avec
une bande musicale d'une exceptionnelle qualité, Billy Elliot
est en train de rafler toutes les récompenses dans les festivals
du monde entier. Et on parle déjà de lui comme d'un grand favori
pour les prochains oscars entre Erin Brocovitch et Gladiator.
Tant mieux. Le film fait un malheur sur les écrans anglais et américains.
Il va aussi toucher la France en plein cœur. Il est votre deuxième
cadeau cinématographique à ne pas oublier au pied du sapin.
Michel PASCAL
coups
de coeur précédents :
Girlfight
Charlie et ses
Drôles de Dames
Infidèle
In The Mood for
Love
The Yards
La Route d'Eldorado
Dancer in the
Dark
Au Nom d'Anna
Bread and Roses
La Captive, Woman
on Top, Virgin Suicides
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