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Comment vivre sans Woody ?

L'enfant de Brooklyn n'en finira jamais de nous charmer par tous ses sortilèges. Il lui aura fallu attendre de fêter (récemment, le ler décembre précisément) ses soixante cinq printemps pour connaître dans son pays son plus grand succès public avec Escrocs mais pas trop. Le phénomène n'est pas tout à fait un hasard. L'auteur-réalisateur-interprète le plus prolifique de Manhattan a signé début 2000 un accord de distribution avec la société de Steven Spielberg, DreamWorks, qui lui vaut de connaître des sorties commerciales plus spectaculaires qu'avant sur son sol natal. Woody va-t-il y laisser son âme ?

Ce serait mal le connaître. Impossible au lutin facétieux, grand butineur de jeunes femmes devant l'éternel, de changer sa nature profonde, son humour, son espièglerie. Comme s'il pouvait renoncer à jouer chaque lundi soir de la clarinette avec son orchestre au Carlyle, qu'il pleuve, qu'il vante ou qu'il neige.

Avec Small time crooks Woody Allen renoue avec la veine de ses débuts, celle de la farce légère, de la comédie pure. D'ailleurs le film aurait pu très bien s'appeler Prends l'oseille et tire-toi. Nous y voyons un modeste habitant des quartiers pauvres de New York, baptisé " le cerveau " par ses amis, car il sort de prison après un casse raté. Il n'a qu'une idée en tête, recommencer. Marié à une manucure voyante et tonitruante, jouée par la superbe Tracey Ullman, il décide d'acquérir une pizzeria située à 50 mètres d'une banque. Pendant que son épouse s'occupera de la clientèle, il creusera un tunnel avec ses copains pour arriver dans la salle des coffres. Tout ne va pas se passer tout à fait comme prévu, on s'en doute.

Parce qu'elle cuisine de sublimes cookies, la vie du couple va connaître une évolution aussi rapide qu'imprévisible. Et nous les retrouvons du côté de Park Avenue, dans un appartement de nouveaux riches, en train de prendre des leçons de diction et de maintien avec un professeur qui n'est autre que … Hugh Grant.

On l'aura compris : ce film commence comme Le Pigeon et se poursuit avec un soupçon de My Fair Lady.

Comme letitre l'indique, c'est un régal, à consommer sans modération, même si les amateurs les plus cinéphiles du génial new yorkais regretteront de ne pas y trouver la gravité soudaine ou l'humour carrément graveleux des meilleurs titres des années 90. Ce Woody là s'apprécie sur le pouce, comme le Beaujolais nouveau : on en a besoin, c'est impératif. Mais il ne laisse qu'un goût léger sur le palais.

Attendons le prochain : il s'appellera La malédiction du scorpion de jade et réunira autour de Woody Allen deux sublimes actrices, Helen Hunt et Charlize Theron. Quand on connaît la passion du cinéaste pour les femmes en général et les comédiennes en particulier, on en frémit d'avance…

Michel PASCAL

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Girlfight
Charlie et ses Drôles de Dames
Infidèle

In The Mood for Love
The Yards
La Route d'Eldorado
Dancer in the Dark
Au Nom d'Anna
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Escrocs mais pas trop

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