TORONTO: entre chiens, canulars et feuilles d'érable

Autour des films, les évènements marquants de Toronto...

Stars, vous avez dit stars?

Richard GereA Toronto, il est considéré de très mauvais ton de s'exciter à la vue d'une star. Au pays des feuilles d'érables et du hockey sur glace, le bon goût veut au contraire qu'on cède confusément le passage à Richard Gere si jamais on se trouve sur son chemin, sans attirer l'attention sur soi. Ne vous étonnez donc pas si dans une soirée du festival, vous apercevez un acteur ou une actrice seul dans son coin, le regard fixé dans le vide. Si vous vous ruez à ses côtés pour leur demander un autographe, c'est que vous n'êtes évidemment pas canadien. Ceci dit, si vous ne trouvez pas votre "star" préférée dans une soirée, ne vous étonnez pas non plus. A Toronto, les stars ne sont aucunement pouponnées. Prenez l'exemple de Leni Parker. Cette talentueuse actrice canadienne joue dans Stardom, le film d'ouverture du festival, ainsi que dans la série de science fiction à succès Invasion Planète Terre (Da'an, c'est elle). Pourtant Leni Parker a bien failli ne pas assister à la projection de Stardom, faute de billet. Seulement voilà, quelques jours avant la projection, un coup de fil de l'agence Alliance/Atlantis l'informe que le réalisateur Denys Arcand a prévu de la faire monter sur scène pour présenter le film aux côtés de Dan Ackroyd et Jessica Pare. Ni une ni deux, Leni Parker dut se mettre à la recherche de la robe de soirée de rigueur, sans l'aide d'un quelconque assistant. Au Canada, on considère probablement cela comme du shopping.

"On lève le doigt, s'il vous plaît!"

Plus de 200 réalisateurs assistaient samedi dernier au débat sur le numérique organisé par l'Ontario Film Development Commission et arbitré par Kathleen McInnis. Parmi les intervenants, Malo Girod de l'Ain, PDG de Filmfestivals.com, les réalisatrices Blaine Thurier (Low Self Esteem Girl) et Lisa Hayes (Lez be Friends) et le producteur Nick Depencier (The Uncles). L'évènement avait été organisé à l'écart du festival pour permettre au public d'y accéder sans avoir à acheter un pass. Prévu pour durer une heure, la discussion a finalement duré le double, en raison du nombre d'interventions et de questions. Les réalisateurs ont pu présenter des extraits de leurs films, tandis qu'un intervenant avait apporté des extraits de films en vidéo numérique et kinescospés en 35 mm pour expliquer les différences techniques. Nombre de questions ont porté sur les procédés technologiques, et sur les capacités des festivals à projeter des films en vidéo numérique. Girod de l'Ain a remarqué que certains festivals commençaient à accepter le format en dépit de coûts prohibitifs, et que Toronto faisait office de leader parmi eux.

Men in black

Best in ShowLes opérateurs d'un site web de Toronto spécialisé dans la confection de bandes annonces parodiques s'en sont donnés à coeur joie lors de la soirée d'ouverture du Festival. La compagnie a rempli la foule de fausses stars, en costumes et lunettes noirs, et les a envoyées sur le tapis rouge cérémoniel où elles se sont empressées de faire le spectacle devant les caméras, allant même jusqu'à faire un scandale après que les vigiles aient découvert que les "stars" en question n'avaient pas de billets. Albert Nerenberg, "cerveau" de l'opération et vice-président de trailervision.com, a expliqué à l'agence Reuters News qu'il avait souhaité par ce canular "exprimer une opinion sur le statut de star et tourner en dérision tout le cérémonial festivalier." Dans le même esprit, la projection VIP du film Best in Show de Christopher Guest comptait dans le public des chiens ressemblant à ceux du film.

Filmfestivals.com fête les directeurs de festivals

Les directeurs sont ces pauvres âmes souv ent ignorées et inconsolables auxquelles revient tout le travail de financement, d'organisation et de promotion des festivals. Le dîner de gala organisé en leur honneur par Filmfestivals.com a réuni, au restaurant Urban de Toronto, le gotha des directeurs de festivals internationaux, notamment New York, Las Vegas, Singapour, Los Angeles, Seattle, Bruxelles et Rotterdam. Sur la liste des invités figuraient aussi Nathon Gunn (Président fondateur de Bitcasters.com), et Andy Robbins (directeur du marketing online de Miramax). Pour la plupart des invités, ce dîner marquait une occasion précieuse de discuter avec les pairs de la profession.

Barbara Kopple et Woody Allen

Documentariste remarquée à Cannes avec Conversation avec Grégory Peck, Barbara Kopple regrettait d'être absente à Venise où son dernier film My Generation était projeté dans la section Cinéma du Présent. Mais elle a pu se rattraper à Toronto, un festival dont elle avoue être fan depuis 1976, année où son premier film Harlan County avait été projeté. "J'étais si jeune et si innocente à cette époque" a t-elle commenté avec humour devant une salle de conférence comble. Barbara Kopple a discuté de tout avec le public, de son inspiration (les personnes dépeintes dans ses films) à la distribution des films ("ne laissez jamais les questions d'argent vous empêcher de faire ce que vous voulez vraiment faire") en passant par son documentaire sur Woody Allen, Wild Man Blues. "Même si vous êtes dans le désert, Woody ne pensera jamais à vous offrir un verre d'eau" soulignait-elle ironiquement. "Heur eusement, son épouse Soon-Yi était charmante et s'occupait très bien de l'équipe." Barbara Kopple a beaucoup fait rire le public en évoquant la sortie de son premier film. "Je demandais à mes petits amis de me déposer devant Cinéma 2 et j'allais voir mon film pour écouter les réactions du public. Je disais aux gens devant le cinéma d'aller voir Harlan County, parce que c'était un super film!" Kopple a ensuite remarqué que les sujets, des victimes de guerre de Sarajevo à la grève des mineurs dans le Kentucky, étaient ce qui lui tenait le plus à coeur. Les films documentaires "sont appelés à marquer notre mémoire culturelle à jamais" a-t-elle noté.

To be continued...

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