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synopsis
1958, base militaire d’Edwards. Quatre jeunes pilotes : Frank,
Hawk, Jerry et Tank, formant l’équipe « Daedalus », constituent
la fine fleur de l’aviation américaine et espèrent bien être désignés
pour le prochain grand pari de l’US Airforce : la conquête de
l’espace. Mais alors que le but s’approche, leur chef, Gerson,
les jugeant trop têtes brûlées, décide que le premier américain
« astronaute » sera... un singe.
Quarante ans plus tard, le même Gerson doit faire face à un problème
: un satellite russe est en train de tomber sur la Terre et il
faut le remettre sur orbite. Mais le système de guidage est devenu
trop obsolète pour les jeunes ingénieurs de la NASA, il faut donc
faire appel à son concepteur : Frank. Lorsque celui-ci apprend
que son ancien chef a besoin de lui, il en profite pour imposer
une condition : que l’équipe « Daedalus » elle-même soit chargée
de la mission de réparation dans l’espace...
Portrait de Clint Eastwood
Né à San Francisco en 1930, Clint Eastwood fait ses débuts à Universal
avant de tenir pendant sept ans le second rôle de la série télévisée
« Rawhide ». Ce rôle de cowboy lui permet d’être sollicité par
Sergio Leone pour camper le personnage de l’homme sans nom de
Pour une Poignée de Dollars. Le succès inattendu de ce film désormais
mythique conduit le duo à récidiver avec Et Pour Quelques Dollars
de plus et Le Bon, La Brute et le Truand, installant l’acteur
parmi les plus grandes stars internationales.
De retour aux USA, Eastwood fonde la compagnie Malpaso et entame
une autre fructueuse association avec Don Siegel, avec notamment
Les Proies, l’histoire d’un soldat caché par des femmes lors de
la guerre de sécession, et sa troisième série à succès, après
« Rawhide » et les Leone, L’Inspecteur Harry. Les deux hommes
inventent alors le western urbain avec un personnage de flic retors
et ambigu. L’acteur est qualifié de « fasciste » par une partie
de la critique américaine. Pourtant, il est alors en train de
constituer son image mythique, sur laquelle il n’a de cesse depuis
de travailler : celle d’un héros aussi puissant qu’un fantôme,
aussi faible qu’un homme.
C’est sur cette lignée qu’il oeuvre depuis avec ses propres réalisations.
Sa filmographie, commencée en 1971 avec Un Frisson dans la Nuit,
alterne entre des films de genres, essentiellement le western
et le policier, dont il s’amuse à détourner les codes avec brio,
et des oeuvres plus intimes dont les plus beaux exemples sont
sans doute Honkytonk Man, la biographie de Charlie Parker Bird
ou Sur la Route de Madison. En 1992, son chef d’oeuvre Impitoyable,
qui met en scène une terreur de l’Ouest vieillissante et repentie
qui reprendra du service pour venger la mort de son ancien acolyte,
décroche quatre Oscars. Space Cowboys est son vingt-deuxième film.
Filmographie :
1971 Un Frisson dans la nuit
1973 L’Homme des Hautes Plaines
1973 Breezy
1975 La Sanction
1976 Josey Wales, Hors-la-Loi
1977 L’Epreuve de Force
1980 Bronco Billy
1982 Firefox
1982 Honkytonk Man
1983 Le Retour de l’Inspecteur Harry
1985 Pale Rider
1986 Le Maître de Guerre
1988 Bird
1990 Chasseur Blanc, Coeur Noir
1990 La Relève
1992 Impitoyable
1993 Un Monde Parfait
1995 Sur la Route de Madison
1997 Les Pleins Pouvoirs
1998 Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal
1999 Jugé Coupable
2000 Space Cowboys
Critique
Clint Eastwood embarque pour l’espace avec trois acolytes vieillissants
: Tommy Lee Jones, Donald Sutherland et James Garner. On ne savait
pas à la lecture de cette idée ce que le grand réalisateur américain
allait en faire, mais la vision du film a tôt fait de nous rassurer.
Le sujet convient à merveille à un Clint qui n’est jamais aussi
heureux que lorsqu’il malmène avec malice sa mythique image. Et
là, dès les premières séquences, on peut dire qu’on est servi.
L’ouverture du film montre en effet la jeunesse du personnage
avec sa droiture militaire, son regard froid (le jeune acteur
Toby Stephens se régale lui-même à imiter parfaitement la star
dans ses attitudes des premiers films) qui se retrouvent finalement
à devoir serrer la main d’une guenon. La scène est irrésistible,
à l’image de tout le début du film à la verve comique rare chez
Eastwood qui s’appuie ici sur un scénario et des dialogues remarquables.
On rit beaucoup dans Space Cowboys, mais on n’oublie pas aussi
d’être touché, ému par la sensibilité du réalisateur qui filme
avec sérénité une histoire sur le vieillissement et la mort. Le
rire, c’est bien connu, cache toujours des réflexions plus graves,
à l’image du personnage de Tommy Lee Jones qui n’arrête pas au
début du film de demander des nouvelles de personnes décédées,
alors que lui-même est au bord du grand plongeon. Car s’il malmène
son image, toujours plus vieillissante depuis La Relève ou Impitoyable,
Eastwood y enregistre aussi la marque du temps qui passe et qui,
paradoxalement, le rend toujours plus léger, comme en apesanteur.
Space Cowboys est à ce titre un des plus beaux films sur la vieillesse
qu’il soit donné de voir, un des meilleurs space opera aussi.
Car même dans le vide sidéral « l’Eastwood touch » continue de
faire merveille.
Yannis Polinacci
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