|
Review
Steaming Trailer 1
- 2 - 3
La rivière
Suzhou traverse Shanghaï. Ses effluves pollués répondent en écho
à l'intense trafic de la ville. Un vidéaste la filme et nous raconte
une histoire : celle de sa liaison avec Mei-Mei, la jolie sirène
du Happy bar. Et comme un reflet à cette liaison, celle tragique
de Mardar, un jeune coursier, et de Moudan, une gamine espiègle
qui est le parfait sosie de Mei-Mei…
Un de plus ! Avec son deuxième film, après Week end lover
en 1994, Lou Ye s'affirme comme
la nouvelle révélation du cinéma chinois. Plus proche du turbulent
et poétique cinéma de Hong Kong que d'un cinéma continental plus
pittoresque et académique, Suzhou River revendique
comme parenté le grand Wong Kar-Waï, sans doute le cinéaste le
plus copié aujourd'hui. Voix off, histoires qui dérivent, poésie
de l'image, glamour des acteurs, rien ne manque dans ce film qui
pourtant se démarque de son maître avec une grâce irrésistible.
Ce que filme Lou Ye, c'est la rencontre entre un couple " réel
" et un couple de fiction, comme s'il fallait, pour qu'il existe,
que l'amour soit vécue comme une histoire ou une tragédie. Les
jeux de correspondances et d'échos qui se créent entre ces personnages
sont déclinés avec une subtilité et une maîtrise digne des plus
grands. Film de fantômes et de doubles, Suzhou River évoque plus
d'une fois Vertigo, à juste titre car il partage avec le mythique
film d'Hitchcock une aura fascinante et un romantisme noir dans
lequel on aime s'enfoncer.
FilmFestivals.com
reporter
Yannis Polinacci
|