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Clint Eastwood

la Warner l'avait promis , quelques journalistes dont Philippine Dautun, devaient rencontrer un par un la bande des quatre de Space cowboys. Après le "boss" Clint Eastwood, parole serait donnée à Donald Sutherland, James Garner et Tommy Lee Jones. Mais les agaçantes questions de la veille au Festival de Venise tournant sans cesse autour de l'âge et auraient mis Clint Eastwood de méchante humeur.

Clint EastwoodLe réalisateur a donc décidé d'affronter les médias en bloc et avec le soutien de ses comparses. Moralité, ils ont fait figure de presque figurants tandis que le sujet banni n'a pas manqué de revenir sur le tapis.

Philippine Dautun. Est-il vrai que vous avez songé à engager Sean Connery sur ce film ? Clint Eastwood. Je n'y ai jamais songé pour la bonne raison que dès le départ, j'avais ces trois loustiques en tête. Les rôles n'ont pas été écrits pour eux, ni réécrits après leur engagement, c'était inutile. Je savais que le script représentait 50% des personnages, qu'ils apporteraient le reste, chacun avec son style.

PD. Est-il vrai que la Nasa vous a beaucoup aidé sur ce film ? CE. Nous avons tourné une grande partie du film à la Nasa, dans leurs bureaux, leurs hangars et enfin à Cap Canaveral. Tout ce qui porte leur sigle est d'origine et je peux vous certifier que lorsqu'on emprunte une vraie passerelle pour entrer dans une navette, c'est émouvant. Vous auriez dû voir la tête de Donald alors, ému… autant que dévoré par les moustiques et se donnant des grandes claques dans la nuque.

Clint EastwoodPD. Que faisiez-vous le jour où le premier homme a marché sur la lune? CE. J'étais avec Donald Sutherland en Yougoslavie, nous tournions De l'or pour les braves. Assis devant une télévision en noir et blanc au son inaudible nous n'avons compris que le lendemain, dans les journaux, les paroles de "petit pas pour l'humanité" prononcées par Armstrong.

PD. En tant qu'ancien, pensez-vous pouvoir en apprendre aux jeunes ? CE. Nous pouvons leur en montrer, ils peuvent nous en apprendre aussi. Nous avons juste quelques kilomètres et films d'avance sur eux.

PD. Avec ces personnages d'homme prenant de l'âge dans Impitoyable, Dans la ligne de mire et Space cowboys, vous semblez aujourd'hui mettre de plus en plus de vous-même dans vos films… CE. S'il est évident qu'une part de vous-même se glisse dans vos personnages, je ne me préoccupe pas de moi-même. Je joue des personnages, ils sont reliés à moi, c'est obligatoire. J'utilise donc ce que je suis en présentant un cavalier rouillé dans Impitoyable, un coureur essoufflé pour Dans la ligne de mire. C'est aussi une question de crédibilité ! Cela dit j'en ai assez qu'on me bassine avec mon âge. Être vieux, c'est une question d'état d'esprit.

PD. Et l'idée de la retraite ? CE. C'est drôle, je me souviens, à trente ans, mon père rêvait au jour de sa retraite. Le monde a dû changer car rester assis au bord d'une rivière avec une caisse de bière à portée de main, ce n'est pas mon truc. Pour moi, faire des films, c'est la seconde chose que j'aime le plus au monde !

PD. Vous reverra-t-on un jour acteur seulement ? CE. Dans mon tout prochain film probablement.

Philippine Dautun