Nicolas
et Dani, deux adolescents inséparables, se retrouvent pour
les vacances d'été. Dani est issu d'une famille aisée. Il
veut être écrivain et travaille à son premier roman. Nicolas,
lui, veut être mécanicien. En dépit de leur différence, une
amitié très forte les unit. Ils rencontrent Elena et Berta.
La première poursuit Dani alors que Nicolas flirte avec Elena.
Les deux garçons font l'apprentissage du sexe et de l'amour
alors que se naissent entre eux des sentiments ambigus.
"Krampack".
Une étrange expression, un jeu érotique ambigu entre les deux
jeunes garçons. Entre eux tout va très vite et le plus naturellement
du monde : caresses puis fellations et pénétrations rythment
rapidement leurs nuits dans la villa abandonée par les parents
le temps de quelques jours de vacances. Mais alors que Nicolas
appréhende ses jeux avec Dani d'une manière épicurienne et
légère, ce dernier se trouve plongé au coeur d'un trouble
qui lui fait découvrir ses penchants réels. Avec le sexe,
Dani découvre également les vertiges du désir, de la jalousie
et de l'amour.
Se
débarrasant rapidement d'un message sociologique qui aurait
pu s'avérer lourd, Cesc Gay se contente de brosser l'opposition
riche/pauvre afin de s'attacher davantage au cheminement de
deux amis, unis pour la vie comme on l'est à 17 ans, et qui
voient leurs routes se séparer. Nicolas, à la fois effrayé
et désarmé par l'amour de Dani, s'obstine dans la recherche
d'une première expérience sexuelle avec Elena. La fin des
vacances marquera la fin de l'adolescence et des illusions.
Feignant de l'ignorer, chacun pourra continuer sur sa voie.
"J'ai
beaucoup aimé l'histoire", raconte le réalisateur. "L'amitié,
la confusion des sentiments et la confusion sexuelle". Cette
confusion, Cesc Gay la rend subtilement, avec humour, en évitant
les poncifs, ou pire, le jugement. La justesse de son écriture
et la tonalité des dialogues lui permettent d'aborder l'homosexualité,
et plus simplement la sexualité des adolescents comme peu
l'ont fait avant lui. "Krampack" n'a ni l'euphorie un peu
naive d'un "Beautiful thing" ni la noirceur de "L'homme bléssé".
Il s'inscrit dans son temps, chronique subtile mais qui regarde
droit dans les yeux ses personnages ... Sous la plage, les
pavés.
David Dibilio
Cesc
Gay
Né
à Barcelone en 1967, Cesc Gay est un touche à tout. Il réalise
un premier court-métrage en 1987 "Baile de mascaras". Il met
en scène une pièce de théatre "Aldous" en 1992 puis un documentaire
pour la télévision en 1994, "Krakers". "Krampack" est son
seuxième long-métrage.