EDITO
8 septembre - 8ème jour
L’Apparence
du Tigre et la Panic du Dragon
Dans
notre mémoire collective, son nom est associé à d’immenses succès
et des rôles inoubliables : mercenaire aux commandes d’un vaisseau
spatial, président des Etats Unis dans son avion personnel, aventurier
dont les deux accessoires sont maintenant des objets de dévotion (le
fouet et la chapeau) ou encore professeur d’université dans son dernier
film, Apparences dont nous allons parler, il sait généralement
nous transporter dans ses interprétations.
Vous savez tous de qui je veux parler puisqu’il était à Deauville
aujourd’hui : Harrison Ford, en pleine forme, s’est plié avec grand
professionnalisme à son travail, combattant sa timidité et sa discrétion
naturelles. Ce soir sur scène, il était d’ailleurs hilare tout comme
le public pendant son film à grand suspense inattendu. Il faut dire
que l’ex Han Solo n’a pu résister à l’habituel cri de Chewbaka lancé
par le président du Club des Défenseurs de Chewbaka, festivalier assidu
depuis de nombreuses années et qui ne manque jamais de gratifier l’audience
d’une de ses performances avant chaque séance. Performance qui déclenche
à chaque fois une réelle ovation. Une institution deauvillaise en
somme.
Le
public était beaucoup plus attentif et passionné par le dernier film
d’Ang Lee, Tigre
et Dragon avec la star Chow Yun Fat.
Un hommage a été rendu à cet acteur hong kongais félin, star des mythiques
films de John Woo, The Killer, Hard Boiled, Le Syndicat du Crime,
tout à son aise dans les acrobaties aériennes du film d’Ang Lee. Ce
dernier, une somptueuse et virevoletante fresque d’arts martiaux avait
déjà subjugué le public cannois en mai dernier et semble promis à
un beau succès. Ce qui pourrait peut être profiter au très beau
Ride with the Devil, projeté ici même l’année dernière mais que
les distributeurs américains ont laissé tomber, faute de grande star
à l’affiche et à cause d’un sujet, la guerre de sécession, toujours
délicat aux USA. Un distributeur coréen, a indiqué le cinéaste, a
même sorti les deux films en même temps. Une bonne inspiration qui
n’est, hélas, pas encore d’actualité en Europe.
La compétition se termine aujourd’hui avec les deux derniers films
présentés : Panic et Chuck
and Buck. Le premier est l’histoire d’un tueur qui fait une
psychanalyse avant de se rendre compte que son prochain contrat ne
concerne personne d’autre que… son thérapeute. Le second a beaucoup
divisé le public. Chuck & Buck propose en effet une version
trash en vidéo numérique de Forrest Gump et autres Rain
Man. Son héros de 27 ans, interprété par le scénariste du film,
attardé mental, décide de se rapprocher d’un ancien ami d’enfance,
non seulement par amitié, mais aussi par une forte attirance sexuelle.
Dérangeant forcément, convaincant, pas tout à fait.
Le jury pourra se faire son opinion et délibérer tranquillement demain
pendant le déjeuner avant de rendre son verdict. Les paris vont d’ailleurs
bon train sur les récompenses (les favoris restent Girlfight,
Les
Initiés et surtout Memento)
comme sur le film surprise dont le titre ne sera révélé que le jour
même.
Demain,
le public pourra rire plusieurs fois : tout d’abord en allant en masse
à la présentation de Scary Movie, hilarant pastiche de films
d’horreur et de nombreux autres films à suspense (Matrix, Usual
Suspects, …), et en visionnant le premier film en tant que réalisateur
d’Edward Fight Club Norton arrivé hier au Royal en compagnie de sa
moitié, Salma Hayek.
Ces moments se poursuivront certainement tard dans la nuit avec l’une
des fêtes les plus attendues de la semaine deauvillaise, je veux bien
sur parler de la soirée Scary Movie qui promet !
Bref grande et très très longue journée à prévoir pour les festivaliers
qui commencent à se demander dans quel état ils vont rentrer chez
eux (et surtout s’ils vont pouvoir le faire à cause de l’essence).
Souhaitons leur bonne chance !
Frédéric Leconte, Yannis Polinacci
