Il
était une fois en Chine, Li Mu Baï, un héros
légendaire dont la réputation s'étend sur
tout l'immense territoire chinois, qui décide d'arrêter
le combat, faisant ainsi don de sa fidèle épée
"Destinée" à un vieil ami, le seigneur
Té. Il confie à sa fidèle compagne Shu Lien,
à qui il n'a jamais réussi à avouer son amour,
le soin d'apporter son arme mythique à Pékin. Une
fois là-bas, Shu Lien fait la rencontre de Jen, la fille
du gouverneur Yu, une jeune femme d'apparence fragile qui refuse
le mariage que ses parents ont arrangé et rêve de
mener une vie aventureuse comme Li Mu Baï et Shu Lien. Bientôt
la précieuse épée confiée à
Té disparaît.
S'il
était un animal, le réalisateur taïwanais Ang
Lee serait un caméléon. La facilité et la
maîtrise confondantes avec laquelle le cinéaste aborde
tour à tour des genres aussi divers que la comédie
(Garçon d'Honneur), le drame familial
(Ice Storm), l'adaptation de Jane Austeen (Raison
et Sentiments), ou encore le western (le beau Ride
with the devils inexplicablement encore inédit
en France), laisse pantois. Cette fois-ci, il s'attaque au film
de kung-fu et retourne en Asie où il n'avait plus tourné
depuis Salé Sucré. Une fois de plus,
Ang Lee s'approprie les codes du genre avec une déconcertante
facilité filmant des combats dignes des plus beaux films
de Tsui Hark (la série des Il était une fois
en Chine) ou de King Hu (A Touch of Zen,
Raining in the Montain), et se montrant toujours
aussi à l'aise dans les scènes intimes. Le film
est ainsi un mélange réussi d'actions fulgurantes
de virtuosité et de beauté (les combats sont chorégraphié
par le génial Yuen Wo Ping qui a travaillé sur Matrix
et Il était une fois en Chine) et d'intimités
amoureuses émouvantes. Si bien qu'on est subjugué
tout au long de ce superbe film par son côté spectaculaire
avant que l'histoire d'amour ne revienne à la fin et nous
terrasse d'émotion. Décidément, le cinéma
d'Ang Lee est admirable.
Yannis
Polinacci
Portrait
d'Ang Lee
Né
à Pingtung, à Taïwan, en 1954, Ang Lee étudie
le théâtre dans son pays natal avant de s'installer
aux Etats Unis en 1978 et de passer une licence d'art dramatique
à l'Université de l'Illinois. Il complète
sa formation à l'Université de New York, où
il réalise le court métrage Fine Line, interprété
par Chazz Palminteri. Il aborde le long métrage en 1992
avec Pushing Hands, présenté à Berlin.
Un an plus tard, il signe son premier vrai succès Garçon
d'Honneur, présenté à la Quinzaine des
Réalisateurs, et qui est le premier film taïwanais
à être nominé aux Oscars, tout comme Salé
Sucré, son film suivant. En 1995, il signe son premier
film entièrement anglophone, Raison et Sentiments
d'après Jane Austeen. Interprété par Emma
Thompson et Kate Winslet, le film gagne l'Ours d'or à Berlin
et totalise sept nominations aux oscars, remporte celui du scénario.
C'est le scénario qui sera également primé
à Cannes en 1997 avec Ice Storm, une satire cruelle
de l'Amérique des 70's interprétée par Kevin
Kline, Sigourney Weaver, Christina Rici et révélant
un jeune acteur, Tobbey Maguire qui tiendra le rôle principal
de son film suivant, le western Ride with the devils. Il
retourne en Chine pour tourner Tigre et Dragon avec les
stars hong kongaises Chow Yun-Fat (l'acteur fétiche de
John Woo) et Michelle Yeoh (aperçue dans Demain ne meurt
jamais, le dernier James Bond).