Dans
le swinging London des 60's, Trois soeurs dures et sexy, issues
de l'East End, le quartier prolo de la ville, se déguisent
en hommes pour cambrioler des banques et des bijouteries et ainsi
sortir de leur condition. Gerry est la meneuse, Mandy la provocatrice
un brin dérangée et nymphomane, et Jo la cadette
tranquille. Lors d'un casse à West End, Gerry se fait surprendre
par Daniel, un jeune étudiant d'Oxford qui assouvit son
besion d'écrire dans un magazine anar et déjanté
"Zero". Ils tombent amoureux et le jeune homme aidera
les trois filles à se sortir des griffes de la police et
de la mafia londonienne de plus en plus préoccupée
par les agissements du trio.
Quand
une star du rock passe à la réalisation, il est
forcément attendu au tournant. Et, forcément, on
s'attend à ce que son film soit fun et déjanté.
David A. Stewart, plus connu comme "Dave Stewart", ne
déroge pas à ces deux règles. On peut en
effet nourir quelque curiosité à voir ce dont est
capable le guitariste d'Eurythmics, le mythique groupe des 80's
qu'il formait avec Annie Lenox et qui s'est reformé il
y a quelques temps d'ailleurs, derrière la caméra.
Et notre curiosité s'aiguise quand on apprend que les trois
interprètes principales sont également des pop stars
: Nicole et Nathalie Appleton et Mélanie Blatt, autrement
dit les "All Saints". Bien sûr, l'inquiétude
pointe également au souvenir de la daube des daubes, Spice
World, qui avait mis en scènes les rivales du trio
: les Spice Girls. Mais loin de ces noires abîmes cinématographique,
le film de Dave Stewart est plutôt convaincant. Il faut
dire que le scénario non seulement a une part autobiographique
puisque le jeune Dave était lui-même tombé
amoureux d'une voleuse, au coeur profondément honnête,
mais a été co-écrit par Dick Clement et Ian
La Franais, auteurs entre autres de The Commitments,
autre film sur la musique réalisé par Allan Parker.
Autre surprise : la parfaite crédibilité des trois
pop stars dans le rôle de filles des faubourgs. D'une certaine
manière, Dave Stewart réunit ainsi deux pôles
principaux du cinéma anglais : le film social tendance
Loach, avec une belle et louable description de l'East End et
de ses habitants, et le film fun, junkie halluciné et rock,
tendance Trainspotting ou Human Traffic.
Le tout dans une reconstitution à la fois cheap et soignée
du Londres des 60's, dans lequel Stewart se permet même
une discrète parodie de Blow Up, le chef
d'oeuvre d'Antonioni, palmé ici il ya trente-trois ans.
Yannis
Polinacci