Bella
va avoir trente cinq ans. Elle est serveuse dans un "dinner"
new-yorkais. Elle poursuit depuis des années une liaison sans
perspective avec George, un homme marié. Alors lorsque sa mère
lui propose de rencontrer quelqu'un, Bella tente le coup, sans
trop d'illusions. L'homme s'appelle Bruno, il est chauffeur
de taxi et écrit des romans que son éditeur refuse de publier.
Il est un séducteur invétéré et Bella n'ose pas trop croire
à cette relation. Mais elle va découvrir que, même à New-York,
les rêves peuvent devenir réalité.
L'héroine
"trash et glamour" de "Fiona" et "Sue perdue dans Manhattan"
revient pour son troisième film avec Amos Kollek. En un seul
film, le réalisateur et Anna Thomson avaient emballé les cinéphiles
français qui, à la faveur d'un bouche à oreille et d'une presse
franchement enthousiastes, consacrèrent Sue icône de l'ultra
moderme solitude urbaine. Avec les gants de Gilda, la casquette
de Jeanne Moreau dans "Jules et Jim" et les bottes en plastique
de "Rosetta", le foulard et les lunettes de Sue constituaient
la garde robe intime de notre mémoire de cinéphile. Mais Bella
n'est pas Sue, ni Fiona. Et le New-York de "Fast food, fast
women" n'est plus cette jungle inhumaine des crack houses et
de la désespérance. Amos Kollek achève sa triple histoire d'amour
avec son interprète fétiche dans une comédie, car on rit beaucoup
dans son film. Ce n'était pas joué d'avance. Dans l'univers
de la caféteria de Bella, tout le monde rêve d'amour, tout le
monde l'attend mais se dit qu'il n'arrivera jamais. Et lorsqu'il
pointe son nez, on pense que cela ne sert à rien de tenter sa
chance. Les ingrédients étaient là pour faire un film morose,
noir et sans issue. Mais faisant mentir la sacro-sainte règle
du "jamais deux sans trois", Kollek emprunte résolument le ton
de la comédie et de l'optimisme, voire une certaine légèreté.
Au
sismographe de l'enthousiasme cannois, "Fast food ..." est un
pic de bonheur !
David Dibilio
Amos
Kollek
Né
en 1947 à Jérusalem, Amos Kollek est l'auteur de plusieurs ouvrages
parmi lesquels "Don't ask me if I love" (1971) et "Approximatively
Clint Eastwood" (1995) qui ont été publiés en plusieurs langues.
"Worlds apart", dont il est acteur, scénarite et co-producteur
est son premier film en 1980. "Sue perdue dans Manhattan" (1997)
lui ont valu le Prix oecuménique et le Prix de la Fipresci au
Festibal de Berlin en 1998. "Fiona" a été présenté au Festival
de Deauville 99. Amos Kollek partage désormais son temps entre
New-York et Jérusalem, ville dont son père a été le maire durant
de longues années et auquel il a consacré un documentaire :
"Teddy Kollek, from Vienna to Jerusalem" (1995).