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SHIRI
de Kang Jegyu
Kangjegyu Film
Corée du Sud
Les années 70 et 80 ont vu le cinéma d'action exploser
une premiere fois sous l'impulsion de cinéastes américains
tels que William Friedkin (French Connection, Police Los Angeles),
Sam Peckinpah et John McTiernan. Puis les occidentaux découvrirent
les mille et une merveilles de l'Asie, John Woo, Tsui Hark, Ringo
Lam, Kirk Wong... Les années 90 officièrent donc un
mariage de raison et de passion entre le cinéma américain
et Honk Kongais dont le plus beau bébé est sans conteste
Matrix des frères Wachowsky. Le cinéma français
s'y met à son tour grâce à Christophe Gans,
qui a fait appel pour son dernier film, Le Pacte des Loups, aux
talents de Philip Kwok. Cependant, il faut aussi savoir qu'au début
des années 80, pour concrétiser les plus folles séquences
de Zu..., l'enfant terrible du cinéma Honk Kongais, Tsui
Hark, avait fait appel à des spécialistes d'effets
spéciaux américains réputés.
Personne
ne pouvait se douter que la Corée du Sud accoucherait en
1999 de l'un des meilleurs films d'action du siècle, idéalement
nourri de toutes ces influences Hollywoodiennes et Honk Kongaises.
Il y a en effet du Michael Mann et du John Woo dans Shiri, un coktail
inespéré et des plus détonnants qui en fait
un film adulte, intelligent, excitant, élégant et
même terriblement émouvant.
Les
15 premières minutes du film donnent le ton. On y voit des
terroristes nord-coréens s'entraîner à tuer,
égorgeant, massacrant, décapitant à tour de
bras. Le meilleur élément de cette sordide troupe
s'avère être une femme, Kim. Elle devient la partenaire
de choix du Maître, Park, et le suit à Séoul
où les deux échaffaudent un plan machiavélique
pour mettre un terme aux négociations de paix entre les deux
Corées. Deux agents de l'O.P. mettent tout en oeuvre pour
stopper leurs sanglants agissements. A cet écheveau d'intentions
machiavéliques et d'efforts justiciers viendra s'ajouter
un terrible secret qui risque bien de tout bouleverser...
Kang
Jegyu ne fait pas dans la dentelle. L'écran est littéralement
éclaboussé de sang. Mais il le fait avec style, alliant
le lyrisme de John Woo et les élégantes percussions
de Michael Mann. Et surtout, il ne laisse jamais la pyrotechnie
et les cascades (époustouflantes) étouffer la riche
psychologie des personnages, tous parfaitement crédibles
et jamais carricaturaux. Il faut signaler que le grand méchant
du film est interprété par l'excellent Choi Minsik,
actuellement à l'affiche de Happy End dans la section Semaine
de la Critique.
Shiri
est le plus gros succès du cinéma Sud-Coréen,
devant Titanic (peu de pays peuvent se vanter d'un tel exploit)
et mérite amplement une sortie dans les salles de cinéma
européennes. Quand au réalisateur Kang Jegyu, il convient
désormais de le surveiller de très près. Ce
nouveau prodige n'a assurément pas fini de nous éblouir.
Robin
Gatto
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