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El coronel no tiene quien le escriba

Arturo Ripstein

 

 
No letter for the colonel

 

Synopsis

Le Colonel attend.
On lui a promis une pension, mais, après de nombreuses années, elle n'arrive toujours pas. Tous les vendredis, vêtu de son costume, il se tient, solennel, sur le quai attendant la lettre qui doit lui annoncer son versement. Tous les habitants de son village savent qu'il attend en vain. Même sa femme en est persuadée. Mais le Colonel continue à nier l'évidence et s'obstine dans son rêve. Sinon que lui resterait-il à faire ?

 

Chez lui, on meurt de faim. Sa femme est un sac d'os secoué par des quintes de toux. Et le Colonel, comme tout honnête homme, a honte de sa pauvreté. Contre la misère contre la faim, contre sa femme qui demande sans cesse " Que mangerons-nous ? ", la réponse du Colonel est catégorique. C'est une réponse ruminée depuis vingt ans : " Nous mangerons de la merde ! "

Arturo Ripstein (réalisateur)

Intentions
S'attaquer à un classique de la littérature est toujours à la fois effrayant et séduisant. Effrayant, parce qu'on sait qu'on s'attaque aux fondements de la littérature, plus solides que ceux du cinéma, mais on sait aussi qu'on s'attaque à l'imagination fertile des lecteurs. Et c'est évidemment séduisant. Séduisant, parce que, c'est inutile de le répéter, les classiques sont des classiques de leur propre droit. Derrière chaque classique, il y à l'histoire savoureuse et bien racontée qui traverse les modes et les caprices. Les univers qui ont engendré ces classiques et dont ils s'inspirent, ont disparus. Mais les œuvres restent avec la fraîcheur du premier jour. Homère est là pour en témoigner.

"Pas de lettre pour le Colonel" est un classique. C'est pour ça qu'il m'a séduit, il m'a séduit avec cette histoire dont le tracé est juste et élégant. Une histoire aussi pure que sa prose. L'histoire du Colonel est une histoire émouvante par sa sobriété, par la profondeur des angoisses et des difficultés du vieux militaire, bafoué par la vie. Les terribles et minuscules misères quotidiennes de l'homme commun et ordinaire. De l'homme que nous sommes tous.

L'histoire du Colonel est en moi depuis très longtemps. Il y a trente-cinq ans, j'ai réalisé mon premier film, " Tiempo de morir ". C'était audacieux. J'avais vingt et un ans, c'était l'histoire d'un vieil homme. Gabriel Garcia Marquez en était l'auteur. C'etait il y a longtemps, avant " Cent ans de solitude ". Le vieil homme de " Tiempo de morir " est lié au Colonel. La déroute et la dignité les rassemblent. Ce n'est pas un hasard : ils ont tous deux le même père. Depuis cette époque, le Colonel rôde dans ma tête. Il rôde avec la même patience obstinée qui anime le Colonel attendant sa lettre.

 


 
GENERIQUE
Producteur Jorge Sánchez, Gerardo Herrero, Thierry Forte
Réalisateur Arturo Ripstein
Scénario Alicia Garciadiego, based on novel by Gabriel Garcia Marquez
Montage Fernando Pardo
Photo Guillermo Granillo
Musique David Mansfield
Directeur Artistique Antonio Munohierro
Interprètes Fernando Luján, Marisa Paredes, Salma Hayek
Durée 120 min
Distribution World Sales Christa Saredi