Wang Xiaoshuai, cinéaste pugnace

Wang XiaoshuaiWang Xiaoshuai, Réalisateur de Beijing Bicycle

Réalisateur chinois, Wang Xiaoshuai a du lutter contre la censure pour tourner ses trois premiers films (The Days, Frozen et So Close to Paradise) et continue à lutter pour faire des films, que ceux-ci soient autorisés ou non. "Depuis So Close to Paradise, je suis devenu un cinéaste légal." Mais les choses restent difficiles pour Wang.

"Tourner en essayant d'obtenir les autorisations est un souci constant, cela affecte la façon dont on pense le film. Au bout d'un moment, cela devient une restriction. Ce n'est pas bon pour un réalisateur."

Avec Beijing Bicycle,Wang Xiaoshuai s'intéresse à la jeunesse chinoise, donnant à deux jeunes acteurs, Cui Lin et Li Bin, l'occasion de remporter le Trophée Piper Heidsieck du Meilleur Jeune Acteur au 51ème Festival de Berlin.

Beijing BicyclesOn vous connaît en tant que réalisateur, mais vous vous êtes aussi essayé au métier d'acteur, notamment dans le film de François Girard Le Violon Rouge. Que pouvez-vous nous dire sur ces deux expériences devant et derrière la caméra ?

En fait ce n'était pas vraiment une expérience d'acteur professionnel. C'est juste par hasard que le réalisateur m'a trouvé et a pensé que je correspondais au personnage. Alors il m'a demandé de faire l'acteur. Mais bien sûr pour moi, c'est plus important d'être réalisateur. En tant qu'acteur, on a une position assez passive. Si vous avez envie d'exprimer plus mais que le réalisateur pense que c'est suffisant, il vous arrête. Mais en tant que réalisateur, les choses peuvent être très différentes. Si vous voulez exprimer plus, vous avez cette liberté.

Dans vos films, vous abordez souvent le thème de la vulnérabilité de l'être humain. Dans Beijing Bicycle, les personnages sont vulnérables mais ils sont aussi très pugnaces. Est-ce que c'est une valeur que vous prisez ?

Dans mes films précédents, mes personnages étaient encore plus fragiles et passifs. Mais dans ce film, j'ai voulu montrer comment les gens pouvaient se battre pour leurs droits, pour leur survie, et comment ils pouvaient être résistants quand ils savent ce qu'ils valent vraiment.

Comment s'est passé votre première collaboration avec Peggy Chiao (importante productrice taïwanaise) ?

Beijing BicyclesJe connais Peggy Chiao depuis longtemps. Avant de la connaître en personne, je connaissais sa réputation, son dévouement pour le cinéma taiwanais. Nous nous sommes rencontrés dans divers festivals. Durant nos conversations, nous nous sommes rendus compte que nous pouvions travailler ensemble. Je suis content qu'elle ait souhaité changé de rôle, passer de la critique à la production, et qu'elle ait su créer cette confiance réciproque entre nous.

Pouvez-vous citer trois films que vous aimez beaucoup ?

Oh, même plus que trois ! J'aime Le Château de l'Araignée d'Akira Kurosawa (1957), Hiroshima mon Amour d'Alain Resnais (1959), beaucoup de films de Hou Hsiao-hsien, et d'autres films que j'ai découvert plus tard comme ceux de Yasujiro Ozu et Spring in a Small Town de Mu Fei (1948).

Propos recueillis par Robin Gatto


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